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FOREVER (série)

fluctuat nec moriatur

dimanche 8 juillet 2018, par von Bek

Matt MILLER

Etats-Unis, 2014-2015

22 épisodes

Ioan Gruffudd, Alana de la Garza, Judd Hirsch, Joel David Moore, Donnie Keshawarz, Lorraine Toussaint, MacKenzie Mauzy & Burn Gorman

S’il fallait donner une illustration télévisuelle de l’ironie, que pourrait-il y avoir de mieux qu’une série baptisée Forever s’interrompant au bout de sa première saison ? Bien évidemment son annulation résulte d’un défaut d’audience américaine. Qu’est-ce qui n’a pas plu ?

De nos jours, dans le métro new-yorkais, le Dr Henry Morgan entreprend de nouer connaissance avec une charmante danseuse d’opéra, quand la rame déraille tuant nombre de passagers, dont lui. Dans son cas cependant cela n’a rien de bien grave, car le docteur Morgan est immortel et, depuis sa première mort deux cents auparavant à bord d’un navire négrier, à chaque fois qu’il décède son corps disparaît pour réapparaître nu comme un ver dans un cours d’eau, une étrange capacité que seule lui connaît son fils adopté en 1945, du moins Morgan le croit-il, car il apprend dans ce qui est aussi le premier épisode qu’un autre être partage ce pouvoir et se présente comme Adam. Légiste auprès du NYPD, le docteur Morgan participe à l’enquête menée par le lieutenant Martinez, une première enquête qui sera suivie de 21 autres au cours desquels Morgan usera de son expérience ancestrale au service de la police tout en cherchant à se protéger des visées peu claires d’Adam et à préserver son secret.

Il pourrait être reproché à Forever d’en faire un peu trop, sans innover suffisamment. Encore un légiste pourra-t-on dire, une profession qui n’est pas rare dans les séries américaines depuis Quincy (1976-1983) et encore moins depuis le lancement des Experts en 2000. Certes, le téléspectateur ne croise pas des immortels à tous les coins de séries et encore moins des immortels médecins légistes dont le corps disparaît pour réapparaître dans son entière nudité. Passons sur la métaphore baptismale que cela représente, et faisons remarquer que le phénomène risque de poser plus de problèmes scénaristiques qu’autre chose : un baigneur nu à New-York cela ne court pas les rivières qu’il s’agisse de l’Hudson ou de l’East River. De fait les épisodes ne le verront mourir que très rarement, quatre ou cinq fois pas plus. Vouloir cacher son immortalité, et donc son identité, en travaillant avec la police, cela relève quand même de la haute voltige, n’en déplaise à Edgar Allan Poe et son histoire de lettre volée.

Très rapidement, les souvenirs du héros prennent le pas sur la confrontation entre Morgan et Adam, ce dernier n’apparaissant que cinq fois. Au fil des épisodes, les spectateurs en apprennent un peu plus sur le docteur Morgan et son passé : que faisait-il à bord d’un négrier ? Que lui est-il arrivé aux XIXe ? Quid de sa relation avec son fils Abraham ? Cependant les deux fils rouges se rejoignent et fournissent des réponses à quelques questions, à l’exception de celle de la renaissance de Morgan qu’il s’agisse du pourquoi et du comment. Le spectateur remarquera d’ailleurs que globalement créateur et scénaristes ont plutôt réussi quelque chose de cohérent, si l’on excepte la résurrection.

Si les enquêtes sont plutôt de bonne facture, toute incohérence relative au fonctionnement réel de la police mise à part, et se regarde sans déplaisir, les deux derniers épisodes sont captivants. Il était cependant trop tard ! Pour tout dire il y eut autant de téléspectateurs qui suivirent la série en France en avril-juin 2015 qu’aux Etats-Unis. Bien évidemment la population des deux pays n’est pas la même.

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