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La Cité des lamentations

dimanche 18 mars 2018, par Maestro

Paul-Martin GAL

France, 2016

Netsiveqnen, coll. "Fractales / Fantastique", 347 p.

Jeune auteur, Paul-Martin Gal a su soigner son entrée dans le monde de la littérature, en mêlant classicisme et apport personnel. Son livre se compose de neuf nouvelles, ayant toutes en commun de narrer les pérégrinations d’Irvin Murray, un Irlandais à la fois érudit et force de la nature, qui tient aussi bien d’Indiana Jones que de Conan.
« La Cité des lamentations » est très lovecraftien dans l’esprit, mettant en scène une ville antédiluvienne en ruines, mais dont l’exploration des souterrains conduit à découvrir les descendants dégénérés de son peuple, réunis autour d’un culte sanguinaire. Classique, nous l’avons dit, à ceci près que le danger monstrueux est redoublé par la présence de tueurs musulmans, eux aussi à la recherche d’Irvin Murray. L’occasion de souligner le grand intérêt de la prose de Paul-Martin Gal, en dehors d’un sens de l’action et de la description d’ambiances sourdes et lourdes : une connaissance fine du contexte géographique, historique et culturel, celui de l’Afghanistan de la seconde moitié du XIXe siècle, chaque récit s’appuyant sur des lieux bien réels. « La tour des vents » plonge dans une histoire plus vieille que l’Antiquité, celle d’un empire sanglant finalement abattu, et dont ne reste qu’un homme en noir. Un récit qui parvient à se faire magnétique, tout comme « La venue du Vetr », où Murray fait équipe avec un habitant du Kafiristan (celui du célèbre texte de Kipling « L’Homme qui voulut être roi »), fidèle au zoroastrisme.

Après un interlude évoquant davantage les aventures des chevaliers de la table ronde, récit proche du conte transmis par Murray à une courtisane (« La source de l’Efriit »), deux nouvelles constituent deux épisodes successifs d’une même intrigue. « Le talisman de Malak Taus » se déroule en Irlande, lorsqu’un archéologue anglais sollicite l’aide d’Irvin Murray afin de défendre les objets sacrés dérobés aux Yezidis, considérés par bien d’autres croyants, à commencer par les musulmans, comme des Adorateurs de Satan, l’archange déchu. « Le temple noir de Shaykhan » voit justement Murray, accompagné par un Sikh, se rendre au cœur des monts Taurus afin de ramener les reliques à leurs légitimes propriétaires. Il se heurtera en chemin à un vieil ennemi… Paul-Martin Gal reste fasciné par l’Orient, mais dans sa version moyen-orientale, mettant à profit toute la richesse de cette matrice majeure des religions et cultes divers. Et toujours, de l’action en veux-tu en voilà.

« Rêve » est un nouvel interlude, façon Contes des 1001 nuits, avant un retour en Afghanistan et une nouvelle quête racontée dans « Le sang du Moghol ». Il s’agit cette fois, pour sauver sa peau et celle de son camarade, de retrouver un diamant extrêmement précieux, ayant jadis appartenu à la dynastie des souverains Moghols. Ce faisant, ils vont pénétrer les mystères de la présence hellénistique à l’époque d’Alexandre le Grand. « La vallée de l’homme mort  » s’inscrit également dans ce patrimoine antique, celui de la Bactriane, et sa principale particularité est de présenter les événements tels qu’un personnage déjà mort les voit, revivant également des scènes du passé, celui de la fin de la présence grecque. Là où l’auteur parvient à dérouter son monde, c’est qu’il explique parfois certaines apparitions fantastiques (y compris celles décrites par Abdul Alhazred) de manière très rationnelle, tout en faisant des créatures de la mythologie grecque des versions à peine déformées d’êtres bien trop vivants…

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