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THE CLOVERFIELD PARADOX

dimanche 15 avril 2018, par Maestro

Julius ONAH (1983-)

Etats-Unis, 2018

Avec Gugu Mbatha-Raw, Daniel Brühl, Elisabeth Debicki, Aksel Hennie, Chris O’Dowd, John Ortiz, David Oleyowo, Zhang Ziyi.

Troisième volet de la franchise honorée par Cloverfield et le huis-clos de 10 Cloverfield Lane, The Cloverfield Paradox (qui aurait dû s’appeler initialement The God Particle) tranche une nouvelle fois avec les précédents films, abordant une thématique très différente, d’une manière assez touchante, mais sans approfondir réellement son potentiel.

L’action se place dans un proche avenir, à un moment où la crise énergétique atteint son apogée : il ne reste en effet que quelques années de ressources pour l’humanité. La solution de la dernière chance est peut-être dans la station spatiale Cloverfield. Un accélérateur de particules d’une puissance sans précédent y est en effet testé, et son succès ouvrirait la voie à une source d’énergie sans limite. Mais lorsqu’au bout de deux longues années, le prototype fonctionne enfin, la station connaît des perturbations inédites. La plus importante d’entre-elles n’est autre que la disparition de la Terre ! Dans la station livrée à elle-même, des phénomènes étranges se manifestent, à la manière de cette maison hantée dans le cosmos d’Event Horizon (entre belles idées – la mort d’un des astronautes par glaciation de l’eau de la station – et ridicule tangent – le bras pourvu d’une vie autonome). La plus notable : l’apparition, dans une paroi, d’une femme se prétendant membre d’équipage, mais que personne ne connaît. Parallèlement, sur Terre, une guerre débute, sans que l’on sache exactement de quel pays vient l’initiative des premières frappes.

Le film est un parfait reflet des questionnements existentiels qui touchent notre époque de crise planétaire. La science est mise en doute (via le livre qui donne son titre au film, œuvre d’un auteur mettant en garde contre les risques de déstabilisation du continuum véhiculés par l’accélérateur), tout comme la croyance religieuse (les prières d’une partie de l’équipage semblent avoir bien peu d’effet !). Quant à la composition internationale des membres de la station, elle se craquelle à l’image des tensions géopolitiques, dans une perspective qui évoque, pour un contexte différent, le film 2010. L’héroïne est une jeune femme pour qui la famille est centrale, mais une famille amputée : Ava Hamilton a en effet perdu ses deux enfants, et a été contrainte de laisser son mari seul sur Terre. La superposition des dimensions, des réalités, ne surprendra pas les amateurs de SF, et le principe du multivers est ici habilement mis en scène par le sort parallèle de l’autre famille d’Ava, un moyen d’insuffler de l’empathie à une théorie scientifique aux allures abstraites. Mais le message final demeure d’une platitude prononcée, puisque la préservation de la cellule familiale est la seule finalité de l’existence humaine.

Le lien avec le point de départ de la franchise n’est ici qu’un théâtre d’ombres, puisque l’invasion extra-terrestre n’est visible que par bribes et par l’image finale du métrage. Le film, dont l’exploitation en salles a été jugée tellement risquée sur le plan financier que la maison de production a préféré, comme pour Annihilation, en vendre les droits à Netflix, n’est pas pour autant le dernier de la série, puisqu’un Cloverfield : Overlord est d’ores et déjà annoncé, avec une certaine Daisy Ridley en tête d’affiche…

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