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Calling Cthulhu IV

dimanche 13 janvier 2019, par Maestro

Nicolas PAGES, dir.

France, 2018

L’Ivre-Book, coll. "Imaginarium", 207 p.

Après trois volumes, ces anthologies hommages à Lovecraft et à ses créations, publiées par L’Ivre-Book, poursuivent leur production, pour le plus grand plaisir des fans, jamais rassasiés. D’autant qu’en parallèle, d’autres textes indépendants sont également publiés, à l’image de l’excellent roman de Stéphane Audrand, Crescent Crime.

Neuf nouvelles inédites sont au programme, et certaines sont de franches réussites, à commencer par « Apnée », de Marianne Ciaudo. Sur un thème relativement classique, celui du culte des profondeurs, le texte parvient à surprendre et à captiver, grâce à deux atouts : le cadre choisi, d’abord, celui de la Corse, qui change de la trop traditionnelle Nouvelle Angleterre ; la narration privilégiée, ensuite, celle d’un jeune homme amputé d’un frère adoptif et qui n’a jamais réussi à surmonter ce traumatisme. Le décès de son père va lui permettre de replonger (sic) dans cette blessure purulente de l’enfance et au cœur de ce village dominé par un clergé matriarcal. « Mergerentur  », de Sébastien Castelbou, est également une déclinaison des profonds, mais si l’utilisation des lacs artificiels creusés pour les besoins des barrages d’EDF est intéressante, elle n’est que survolée, au cours d’un texte malheureusement trop superficiel. Quant à « La tour de Pernes », signé Philippe Goaz, c’est une enquête prenante, d’où se dégage une atmosphère réellement effrayante, sans pour autant renouveler en profondeur la thématique choisie ; le final laisse toutefois entendre que des suites pourraient voir le jour avec le même protagoniste…

Barnett Chevin, pour sa part, s’amuse à joindre histoire réelle et horreurs sous-jacentes. Dans « La méduse », il relit la tragédie du radeau de la méduse, aboutissant à un texte simplement sympathique. A cette nouvelle répond « Le radeau », prolongement, à l’époque contemporaine, de l’intrigue précédente. L’idée d’un restaurant hors norme est excellente, mais elle ne nous semble pas exploitée suffisamment en profondeur, au profit d’une métamorphose plus classique. La Nouvelle Angleterre abrite deux récits. Celui de Victor Fleury, « La Mère du Troupeau », est lumineux, sur les affres d’un jeune enseignant d’université dont la seule issue, afin de retrouver un minimum de réputation, est de faire appel à la sectatrice du culte de Shub-Niggurath… avec des conséquences ironiques et tragiques. « Les Eveillés », d’Hélène Duc, est plus statique, avec ses personnages adolescents mal dans leur peau, cibles idéales d’une secte cthulhoïde.

Hommage plus original, celui de Véro-Lyse Marcq, qui, dans « Crie plus fort ! », ose mettre en scène un personnage de femme forte, aussi séduisante qu’insupportable. Echouée dans un village paumé, où elle doit gérer une brocante, elle se retrouve sujet de séances d’hypnose d’un genre particulier. La chute est efficace et parfaitement conforme à l’esprit lovecraftien. De même, Nicolas Pagès, dans « L’enfer est pavé de bonnes intentions », revivifie le mythe à l’aune des préoccupations écologiques, à travers un personnage plutôt singulier, créature de Nodens, qui ne voit d’autre issue à la destruction de la faune maritime que le reniement de ses principes… Avec près de la moitié de textes franchement réussis, et le reste moins surprenant, le bilan est plutôt honorable pour la franchise Calling Cthulhu

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