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Tomyris et le labyrinthe de cristal

dimanche 21 avril 2019, par Maestro

OKSANA (1982-) & Gil PROU

France, 2013

Midgard, 419 p.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le duo constitué par Oksana, ancienne actrice pornographique [1], et Gil Prou, ancien journaliste d’Actuel et dirigeant de la FNAC, il y a une douzaine d’années de cela, cultive la diversité. C’est d’ailleurs tout à leur honneur que de s’essayer à diverses tendances des genres de l’imaginaire, sans même parler de la catégorie essais (Les Métamorphoses d’Eros. Pour un humanisme responsable à l’orée du IIIème millénaire). Ils ont ainsi livré un space-opéra métaphysique (Cathédrales de brume), un roman d’apocalypse particulièrement dantesque (Katharsis), du réalisme catastrophiste (Un matin différent, autour du 11 septembre), du fantastique horrifique (La Crypte des fantasmes)… Un bilan impressionnant.

Avec Tomyris et le labyrinthe de cristal, ils s’essayent à la fantasy historique. Et leur premier atout est de choisir un cadre et une époque plutôt négligés. L’intrigue se déroule en effet lors de la formation de l’empire perse, au VIe siècle avant Jésus, par Cyrus dit le Grand, ce qui change grandement d’un autre Grand attirant souvent l’intérêt, le célébrissime Alexandre. Le groupe de personnages principaux se compose de victimes de cette expansion, appartenant pour la plupart à des familles royales dont les royaumes ont été anéantis et intégrés dans l’orbe perse. Ayant soif de vengeance, ils cherchent à rallier le territoire de la reine des Massagètes, Tomyris, la prochaine souveraine que Cyrus souhaite vaincre. Leur périple amène une de leurs chefs naturelles, Ozzymandra, reine déchue de Sogdiane, à entrer en possession d’un artéfact magique, une statuette qui, couplée avec un bijou détenu par Tomyris, peut permettre d’acquérir d’immenses pouvoirs. A une condition, toutefois : se rendre au cœur du labyrinthe de cristal, sis dans les Monts Zagros, de sinistre réputation.

On retrouve dans ce premier volet – un second est paru en 2018 – les points forts et les petits défauts des deux auteurs. Pour ces derniers, une prédilection pour les noms à rallonge, et une légère tendance au manichéisme. Mais le lecteur se laisse facilement emporter par l’intensité de l’action, tant le roman porte à l’incandescence les affrontements physiques, mais aussi les passions charnelles. Si Oksana et Gil Prou utilisent les écrits d’Hérodote pour appuyer leur récit, ils n’en restent jamais prisonniers, proposant une relecture de l’histoire à la façon de la BD et des films 300. La bataille opposant les Scythes et les Perses voit ainsi les fameux Immortels habillés entièrement en blanc et usant de la tactique hoplitique, tandis que Tomyris est capable d’invoquer des oiseaux dignes du Roc de la mythologie arabe. Les aventures au cœur des Monts Zagros, avec leurs sectateurs de cultes sanguinaires, ne sont pas sans évoquer le film Indiana Jones et le Temple maudit, l’humour en moins. Mais si cette partie fait la part belle à une fantasy débridée et démesurée, il est dommage que le dénouement soit trop rapide et sans explications suffisantes sur la nature de ce que la troupe a finalement rencontré.


[1NDLR : on le saura... et je doute qu’elle apprécie qu’on le lui rappelle.

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