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DANS LA BRUME

dimanche 9 juin 2019, par Maestro

Daniel ROBY (1970-)

2018

Avec Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin.

Sous un titre qui évoque fortement une novella bien connue de Stephen King – qui a même donné lieu à une série avortée – voilà un film qui rassemble un acteur prestigieux et une ancienne James Bond girl autour d’un sujet apocalyptique.
Nous sommes dans un proche avenir, ce qu’illustrent les appareils utilisés (un clavier tactile, des lunettes de réalité virtuelle). A Paris, plus exactement, où habitent Sarah et ses parents, séparés. Sarah, âgée d’une douzaine d’années, souffre d’une maladie rare, qui la contraint à vivre à l’intérieur d’un espace confiné installé dans l’appartement de sa mère. Mathieu, son père, pense qu’un espoir médical se dessine au Canada, et aimerait convaincre son ex-femme, Anna, d’y déménager. Mais tout bascule lorsqu’une fumée brune envahit les rues de la capitale, montant pratiquement jusqu’aux toits des immeubles. Les parents se réfugient chez un couple de personnes âgées au dernier étage, mais sont obligés de laisser Sarah dans son unité de survie qui la protège… tout au moins jusqu’à l’extinction des batteries, l’électricité ayant été coupée sans aucune certitude de rétablissement. Si les humains succombent à ce gaz, certains animaux semblent épargnés.

Indéniablement, l’action initiale est trépidante, et le contexte propice à des scénarios de survie inédits. Avec la progression du chaos, la petite famille songe à quitter Paris pour aller se réfugier dans le Morvan, où habite une amie de Sarah, atteinte du même syndrome. Tant les villes, dans ces histoires de fin du monde, semblent avoir tout du piège, face à des campagnes plus pures. Mais ils doivent pour ce faire récupérer une combinaison spécifique dans un laboratoire : le début d’une quête aventureuse aux multiples rebondissements. Le seul élément pouvant permettre de comprendre le surgissement de cette brume mortelle réside, on ne s’en étonnera pas, dans les conséquences du dérèglement climatique, générant séismes et émanations empoisonnées. L’occasion est donnée, au-delà de l’ambiance stressante et angoissante du métrage, d’échanger quelques réflexions sur la fin du monde, l’effondrement de la civilisation (ce que l’on nomme désormais la collapsologie) et les conséquences de l’hyper-spécialisation de nos sociétés.

Là où le film se fait roué, c’est dans son inversion du handicap : le vieux monsieur placé sous respirateur ou Sarah elle-même deviennent des privilégiés dans un monde où tous les autres sont condamnés à mort. Le dénouement du film conclut d’ailleurs à une nouvelle forme de vie adaptée à un environnement radicalement différent, comme un moyen d’initier un nouveau départ, issue classique du merveilleux scientifique d’antan. Faisant le parti pris du réalisme, avec de vrais moments tragiques et émouvants, Dans la brume est une vraie réussite dans un sous-genre pourtant peu parcouru par le cinéma francophone.

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