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COBRA, LE FILM

Le dit cigare

dimanche 10 mai 2020, par von Bek

Osamu DEZAKI (1943-2011)

Japon, 1982, スペースアドベンチャーコブラ

Peu avant de livrer avec Yoshio Takeuchi une première série de dessins animés adaptée du manga de Buichi Terasawa, Osamu Dezaki, alors déjà connu pour ses travaux sur Lady Oscar (pas une référence selon moi), réalise un long métrage sorti au cinéma au Japon au début de juillet 1982. Pour ceux qui ne connaissent que la série télévisée, il faut s’attendre à une déception, je vous préviens, et quand on connaît la série, il est difficile de jeter un regard neutre sur le film.

Le scénario reprend l’histoire des trois sœurs qui est d’ailleurs contenu dans le manga et occupera les premiers épisodes de la série quelques mois après, mais il en offre un traitement différent. Après avoir pris la tête d’un bandit, la chasseuse de prime Jane Flower se fait draguer dans un bar et suivre par un homme gouailleur et donc un peu lourdingue que rien ne semble décourager, pas même un pistolet laser, et qui ne trouve pas mieux comme argument de drague que de prétendre être Cobra, un fameux desperado dont la tête est mise à prix 7 millions. Ce que Jane ne croit pas au premier abord, l’individu ayant les cheveux aussi blonds et courts, le nez aussi camus, que Cobra a les cheveux noirs et long et un nez plutôt aquilin. Jusqu’au moment où, poursuivis par une escouade de la Confrérie intergalactique désireux d’éliminer Jane, l’homme révèle un canon laser dissimulé dans son bras gauche et explose le vaisseau des bandits. Il est bel et bien le Cobra quasi-légendaire et c’est le grand amour, phase importante, car Jane n’est pas seulement ce dont elle a l’air non plus, c’est-à-dire un canon absolu. Elle est aussi l’une des trois filles survivantes de la reine de la planète Myrus, une planète dont la vie a été la victime collatérale d’une guerre et qui ère dans l’espace. Dès lors, Jane va entraîner Cobra en quête de ses deux sœurs, Catherine et Dominique. Las, dans cette quête qui les mène d’abord sur Sido, il rencontre Lord Nekron, chef de la Confrérie intergalactique, qui détient et contrôle Catherine dans la prison de Sido. Jane perd et la vie et Cobra part à la recherche de Dominique sur une planète glaciale, mais cette dernière meurt aussi, tuée par Nekron. Les deux adversaires finissent par vider leur querelle sur Myrus.

Avant même de parler d’esthétique, je tiens à dire à quel point j’ai été surpris par la noirceur du film. Celui-ci donne l’impression d’assister à une tragédie grecque, à une histoire empreinte de fatum, le destin funeste. Il n’est pas jusqu’à l’univers, mélange de Far West et de space opera, qui ne soit très sombre comme le dépeignent la corruption du gouvernement pourtant démocratique de la planète des glaces, les liens suspects reliant l’Alliance de justice et la Confrérie galactique. Pourtant le tragique cohabite avec le mièvre tant il est question d’amour et de l’énergie incroyable que les sœurs à l’article de la mort peuvent transmettre à l’être aimé. Nonobstant la gouaille dont fait preuve le héros, apparemment inspiré par Jean-Paul Belmondo, l’humour est peu présent. Être supérieur, le personnage de Cobra tient du coup du héros de la mythologie grecque, hors norme à cause de son arme - un laser alimenté par son énergie psychique -, mais aussi de sa résistance physique à tout épreuve.

Esthétiquement, Cobra a vieilli, ce qui n’est pas une surprise compte tenu de son âge et de celui du manga qui l’inspire (1978). Le générique est très psychédélique et s’inspire à mon sens de ceux de James Bond, faisant défiler des corps de femmes nues colorés avec des choix douteux. Soulignons au passage que ce dernier point n’est pas le plus désagréable, le dessinateur ayant un talent et un goût certain. Les décors ne sont pas très soignés et rappellent par certains côtés, mais pas en ce qui concerne les personnages faut-il le préciser, les réalisations des années 70 de Leiji Matsumoto, le créateur d’Albator et de Galaxy Express 999. De fait, Cobra, le film est à peine plus vieux que ceux-ci et les mangas de Matsumoto sont de la même année que celui de Terasawa.

Le fan de la série sera déçu par le rythme peu soutenu de l’action pourtant bien présente. Le profane, pour sa part, risque d’être peu convaincu de son côté et de ne pas donner sa chance à la série. Pourtant, celle-ci la mérite, même des années plus tard.

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