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Mr Shivers

dimanche 12 septembre 2021, par von Bek

Robert Jackson BENNETT (1984-)

Etats-Unis, 2009

Eclipse, 2011, 361 p., traduction d’Elisabeth Vonarburg

Paru en France en 2018 chez Albin Michel Imaginaire, American Elsewhere, qui avait amorcé la percée en France de Robert Jackson Bennett [1], n’était pourtant pas sa Première sur la scène éditoriale hexagonale. Feue les éditions Eclipse publiaient en 2011 Mr Shivers dans une traduction d’Elisabeth Vonarburg et que leurs repreneurs, Panini Books, devaient par ailleurs rééditer en 2013.

Pour ce qui est en fait son premier roman, l’auteur campait dans l’Amérique de la Grande Dépression des personnages lancés à la poursuite d’un énigmatique individu responsable de la mort qui d’une enfant, pour Connelly, le personnage central, qui de parents pour un autre. Sinistre, affublés de cicatrices sur le visage et d’un grand manteau strié de gris et connu parmi la marée humaine que la crise économique a jetée sur les routes comme Mr Shivers, l’assassin apparaît rapidement dans le roman comme doté de capacités inhumaines qui lui permettent, entre autres, de s’attirer la complicité d’hommes prêt à tout pour éviter l’inévitable. L’aventure sur les routes vers l’Ouest américain transforme progressivement les héros.

Mélangeant des mythes empruntés tant à l’imaginaire et aux pratiques des hobos, ces vagabonds de la Grande Dépression qui voyageaient clandestinement dans les trains de marchandises, qu’à la culture vaudou qui baigne la Louisiane dont il est originaire, l’histoire imaginée par Robert Jackson Bennett n’aurait pas déshonoré un épisode de la série Supernatural par son côté horrifique et sanglant. Cependant s’il est une influence prégnante c’est bien celle de John Steinbeck, incontournable évocateur de l’Amérique jetée sur ses routes que ce soit dans Les raisins de la colère (1937) ou dans Des souris et des hommes (1939). Les descriptions de paysage ou du mode de vie des errants dans Mr Shivers rappellent les écrits du prix Nobel de littérature.

Seulement n’est pas Steinbeck qui veut. Et la plume du jeune romancier peine à susciter les mêmes émotions, à accrocher le lecteur aux personnages que ce soit par sympathie ou par antipathie. De plus, l’histoire qui devrait faire frémir ennuie, même dans des moments d’action, un Stephen King, à ses débuts, faisait preuve d’un savoir-faire plus grand sur ce plan. Pour avoir lu Les maîtres enlumineurs peu avant Mr Shivers, je savais que Robert Jackson Bennett avait du talent, mais du coup j’attendais mieux de lui.


[1Poursuivie par une novella dans la collection des Heures-Lumières du Belial mais surtout par la publication des Maîtres enlumineurs toujours chez AMI.

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