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PÂQUES NOIRES

dimanche 26 septembre 2021, par Maestro

Jim CARROLL

Etats-Unis, 2021

Avec Morgan Roberts, Jason castro, Donny Boaz, Gerardo Davila, Ilsa Levine.

On le sait, Jésus est bankable. Le mettre au casting d’un film ou d’un roman, c’est souvent la garantie pour susciter l’intérêt… avec le risque concomitant de décevoir. Pour nous limiter au thème qui est celui de Pâques noires, le voyage dans le temps, on peut citer deux textes majeurs : Voici l’homme, de Michael Moorcock, et Jésus Vidéo d’Andreas Eschbach. Ce dernier a malheureusement été trahi par son adaptation plutôt miteuse en téléfilm.

En visionnant le début de Pâques noires, on se plaît à être optimiste. Un génie scientifique qui nous raconte son histoire, faite de trois continuums temporels différents – un militaire américain exécutant le Christ et ses disciples en l’an 33 – une évocation du monde de la recherche sur un mode léger, qui pourrait faire penser à un esprit proche de Retour vers le futur… L’illusion ne fait pas long feu, et avant la fin de la première demie heure, on est fixé : Pâques noires est une série B. Ce ne sont pas les effets spéciaux cheap qui sont en cause, plutôt le scénario. Ram Goldstein, le génie en question, travaille avec des amis pour un projet qu’on suppose pris en charge par le privé. Leur but : parvenir à transmettre de la matière d’un endroit à un autre. Finalement, le petit génie découvre un moyen de voyager dans le temps.

Mais – attention, premier coup de théâtre – son commanditaire, Ahmed, dont les parents ont été tués par des terroristes islamistes, est en fait au service d’un alter égo de Ben Laden ! Ram, qui l’a percé à jour en piratant une communication sécurisée pas si sécurisée que ça, visiblement, cherche du coup à dissimuler le secret du voyage temporel. Entre alors en scène le chef de la sécurité, chargé de le faire parler. Ce dernier sort tout juste d’un traumatisme majeur, la perte de ses deux filles et de sa femme dans un accident de voiture, ce qui l’a conduit à renier sa foi chrétienne. Ah, je sens que vous voyez les pièces du puzzle commencer à se mettre en place ! Eh bien, figurez-vous que c’est à lui, non membre de l’organisation terroriste, qu’Ahmed, qui est également son chef, révèle par inadvertance que le jeune Ram a découvert le moyen de voyager dans le temps. Ballot, non ?

Par la suite, espérant annuler l’exécution de ses parents destinée à le faire parler, Ram finalise une machine temporelle (avec une démonstration, au passage, qui n’est qu’une simple translation spatiale !) dont Ahmed veut se servir pour tuer Jésus et annihiler la chrétienté. Et là, j’avoue ma perplexité : le film a beau préciser, par la voix de Ram, qu’il ne faut pas condamner les musulmans, seulement les extrémistes, les scénaristes semblent mal maîtriser les fondamentaux de l’islam. Certes, ils précisent que Jésus est un prophète, mais envisager de le tuer, lui qui aurait été rappelé à Allah juste avant de mourir sur la croix, a tout du blasphème. Sans parler, d’ailleurs, de la naissance d’un autre islam si Mohammed n’avait pas eu le christianisme, sous ses formes orthodoxe comme hétérodoxes, pour lui servir de source d’inspiration parmi d’autres…

Bref, Jésus est assassiné, puis son cadavre ramené dans le présent. Pendant ce temps, les amis de Ram – qu’évidemment les terroristes n’avaient pas pris la peine de surveiller – le délivrent – eh oui, lui non plus n’était pas surveillé ! – pour ensuite se rendre dans le labo – non… oui, vous le savez déjà – et programmer leur voyage pour l’an 33. C’est à ce moment-là que l’intrigue devient plus intéressante. Ram et Amy, sa copine, retournent en effet dans leur présent, mais 30 minutes en amont, avant le départ du commando tueur, donc. Là, Amy prévient l’autre Amy, avant d’être tuée… explicitant de fait les failles soulignées quelques lignes plus haut ! Le jeu sur les voyages temporels prend ici toute son ampleur. Car des deux amis, Felix et Simon, qui devaient partir après Ram et Amy, seul Félix retourne dans le présent anté-départ du commando, pour finir dans un présent réécrit (pourquoi à ce moment ? Mystère)… et ridicule, décor de fin du monde et créatures risibles qui le dévorent.

Simon, lui, a vu son appareil de translation disjoncter, mais après une journée, il parvient à le remettre en marche en le triturant avec… un bout de bois. Eh, oui ! Le voilà catapulté juste avant l’exécution, devant Jésus lui-même. L’échange qu’ils ont est un moment assez amusant, reconnaissons-le. Parallèlement, les quatre amis arrivent en 33, et tendent une embuscade au commando… dont ils tuent quasiment tous les membres à l’aide de… bâtons. Oui, encore une incohérence, hélas. Ram et Amy, blessée, sont les seuls à s’en sortir, et ils sont en outre coincés dans le passé par la désactivation de leurs translateurs dans le présent. D’autres péripéties s’ensuivent, et si le côté très léger de la reconstitution historique peut faire sourire, tout comme la survie prolongée d’une Amy avec une balle dans le ventre, le retournement de situation concernant les deux survivants du commando est une excellente idée.

Le dénouement du film valide finalement l’existence de Dieu, en plus d’être un hymne au pardon et à la rédemption… bon, pour les chrétiens seulement, n’exagérons pas ! Le final ajoute encore à la complexité, inutilement, mais parvient à solutionner le dernier point en suspens. De bonnes intentions, quelques moments réussis, mais beaucoup trop de maladresses, telle est la conclusion qu’on peut laisser.

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