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METROPOLIS

" Le futur n’est plus ce qu’il était. " Arthur C. Clarke... "Y a du vrai" Francesco

samedi 5 avril 2003, par Francesco, le mage Kélé

Fritz LANG (1890-1976)

Allemagne, 1927

Brigitte Helm, Alfred Abel, Gustav Fröhlich

Il faut pas mal de courage pour voir Metropolis. Pas parce que le film de Fritz Lang est mauvais, bien au contraire, mais parce qu’il ne ressemble plus à ce qu’on a l’habitude de voir. Tourné en 1927, en Allemagne, ce film muet et en noir et blanc a une histoire mouvementée. A vrai dire, il en existe plusieurs versions, notamment parce qu’il manque plusieurs morceaux. On n’est pas certain non plus du montage. Sa longueur va de 80 minutes, pour la version disco de Giorgio Moroder, à trois heures. Et tenir plus de deux heures devant un film muet, de nos jours, c’est assez peu courant. Surtout avec l’insupportable musique entêtante qui y a été ajoutée, des années plus tard. Et pourtant, l’histoire et la réalisation valent le coup.

Joh Fredersen a construit une gigantesque ville mystique, avec l’aide du savant Rotwang. En haut, il y a le cerveau, et accessoirement les riches. En bas, les pauvres, les masses laborieuses, la main. Le leitmotiv du film, parfois imposé de façon très lourde, est le suivant : le médiateur entre le cerveau et la main est le cœur. Or Joh a un fils, Freder, qui vivait dans sa bulle jusqu’à ce que Marie vienne l’en sortir. Freder va descendre dans les profondeurs de la ville et découvrir les difficultés de ses frères les travailleurs. C’est lui " le cœur ". Mais Joh Fredersen veut étouffer la révolte qui gronde. Il demande à Rotwang de donner le visage de Marie à un robot qu’il a fabriqué en souvenir d’une femme que les deux hommes ont aimée. Ainsi, Joh Fredersen, après avoir perdu sa femme risque-t-il de perdre son fils.

Ça, c’est pour l’histoire principale. Là-dessus viennent se greffer de nombreuses références bibliques, comme la tour de Babel ou l’Apocalypse. Le propos de Fritz Lang sur le futur de la société dans laquelle il vit est éminemment critique et inquiet. Malgré sa lenteur, ce film est fascinant. La création visuelle de la ville du futur et des machines a laissé des traces encore de nos jours. A quelques détails près, la ville de Metropolis est la même que celle de Minority Report, de Steven Spielberg. Et on aurait pu s’attendre à des effets spéciaux moins sophistiqués, étant donné l’époque.

Les relations entre les personnages sont fouillées et créent parfois le trouble (pourquoi Rotwang continue-t-il à aider Fredersen, qui lui a piqué une partie de sa vie ? D’où vient vraiment Marie, figure religieuse parmi les travailleurs ?). L’interprétation de Brigitte Helm en robot, enfin, est époustouflante. Elle a réussi à acquérir une gestuelle mécanique qui n’est pas sans rappeler le fabuleux travail de Peter Weller pour devenir RoboCop, soixante ans plus tard. Et, pour ceux que ça intéresse, le film d’animation japonais inspiré de Metropolis a un déroulement et une issue très différent de son original. Et le manga développe lui aussi des trésors de poésie, en y faisant jaillir les traumatismes japonais.

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