Accueil > CINECSTASY > R > RETOUR VERS LE FUTUR

RETOUR VERS LE FUTUR

lundi 31 mars 2003, par von Bek

Robert ZEMECKIS (1952-)

Etats-Unis, 1985, Back to the Future

Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Thomas F. Wilson

Si la S.F. est à l’honneur des grosses productions du cinéma dans les années 80, elle a aussi les yeux résolument tournés vers les étoiles, que ce soit par les regards de Steven Spielberg (E.T., 1982), Ron Howard (Cocoon, 1985) ou Joe Dante (Explorers, 1985). Sorti à l’apogée d’une période faste, Retour vers le futur fait donc figure de film atypique avec son histoire de voyage temporel, au même titre que Terminator (Cameron, 1984) mais dans un registre bien différent : alors que le monde regarde les navettes américaines s’envoyer en l’air et l’avenir avec espoir en dépit d’un contexte économique parfois difficile, Robert Zemeckis tourne les yeux avec nostalgie et humour vers les années 50, âge d’or du rêve américain.

Habitant dans la petite ville de Hill Valley et doté d’un pauvre type de père, d’une mère alcoolique et d’une fratrie quelque peu crétine, Marty McFly sent peser sur ses frêles épaules la lourde charge de l’échec promis tant par le surveillant général de son lycée que par le collègue et bourreau de son père, Biff Tannen. Avec sa guitare et sa petite amie, la charmante Jennifer (Claudia Wells), Marty n’a pour tout dire qu’un seul ami, un inventeur, le Dr. Emmet Brown. La dernière invention de ce dernier s’avère être une machine à voyager dans le temps installé dans une sportive De Laureane et propulsé par un moteur atomique marchant avec du plutonium volé à des terroristes libyens. Lorsque ces derniers viennent réclamer leur dû et la vengeance, Marty ne doit son salut que dans la fuite vers le passé et se retrouve coincé dans le Hill Valley des années 50. En attendant de pouvoir repartir avec l’aide du docteur Brown de l’époque, le voyageur imprudent ne trouve rien de mieux que de séduire par inadvertance sa mère et empêcher celle-ci de rencontrer son père. L’avenir semble bien compromis.

L’astuce de Retour vers le futur repose donc sur le modèle du Voyageur imprudent de René Barjavel qui tue son ancêtre et lui par la même occasion. Rien de bien original somme toute, d’autant que la trame scénaristique ne comporte que ce seul paradoxe, et sur ce plan Terminator avait donc fait mieux. Le succès du film de Zemeckis s’explique donc par ses multiples autres facettes.

A commencer par les personnages dont nombre d’entre eux franchissent allégrement le seuil de la caricature dans un jeu d’acteurs et des gags proprement cartoonesques (yeux exhorbités de Biff ou du Doc ; course-poursuite dans le parc de l’hôtel de ville...). A un Marty incapable de se contenir lorsqu’on le qualifie de mauviette et qui s’épanouit dangereusement pour des oreilles pas habituées avec une guitare entre les mains, vient s’ajouter un Doc qui réunit toutes les conditions physiques et psychologiques du savant fou, à commencer par les élucubrations lexicales. Les seconds rôles sont particulièrement soignés aussi : Biff Tannen peut se glorifier d’incarner la brute épaisse tout comme Lorraine Baines - future madame McFly - constitue la gourde délurée parfaite des années 50 : elle déshabille sa future progéniture mais pense que la marque de son slip - Pierre Cardin dans la V.F., Calvin Klein en V.O.- est le nom de celui qui le porte !!!

Le ton est donné et il est bel et bien celui de l’humour, comme dans beaucoup des films de S.F. des années 80. Zemeckis multiplie donc les clins d’oeil culturels établissant un pont entre fifties et eighties sur lequel se heurte l’incompréhension mutuelle des références culturelles : à l’absence d’un coca light répond l’étonnement devant le rock’n’roll d’un morceau que Chuck Berry n’a pas encore inventé. Loin de se moquer des années 50, Zemeckis leur rend plutôt hommage en soulignant les apports culturels que l’Amérique leur doit en 1985 : s’il change son avenir en définitive, Marty McFly ne change pas l’Amérique.

Une fin aussi béante qu’une porte ouverte clôt intelligemment ce Retour vers le futur : à la différence d’un Russell Mulcahy dans Highlander, Robert Zemeckis a su se donner la possibilité de tourner une suite même tardive avec Retour vers le futur, 2e partie en 1989.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?