Accueil > CINECSTASY > W > WOLFEN

WOLFEN

samedi 3 août 2002, par von Bek

Michael WADLEIGH (1941-)

Etats-Unis, 1981

Albert Finney, Gregory Hines, Diane Venora

1981, début d’une nouvelle décénnie, l’Amérique change de président en espérant changer aussi et oublier la crise sous toutes ses formes, économiques, politiques, sociales et même morale. Pourtant le cinéma, même fantastique continue à être marqué par le contexte et tout ne semble pas s’orienter vers un optimisme et un manichéisme béat comme semble le suggérer la S.F. des années quatre-vingt commençantes. Wolfen en constitue une bonne preuve.

Christopher van der Veer, descendant des pères fondateurs, héritier d’une famille phare de la vie politique et financière mondiale, est retrouvé sauvagement égorgé avec son épouse et son garde du corps à Battery Park, pointe méridionale de Manhattan alors qu’il venait de lancer son dernier projet immobilier dans le Bronx et de fêter son anniversaire de mariage. Bien évidemment le flic qui même l’enquête est quelque peu marginal, comme tous les flics de cinéma a fortiori dans ces années-là, et il ne croît pas au crime politique commis par un des nombreux groupuscules terroristes gauchistes qui fleurissent alors. Fort des indices pileux, des organes retrouvés dans le Bronx et des aides d’un ami de la médecine légale et de son copain zoologue, Dewey Wilson oriente son enquête vers le mysticisme et le spiritisme des indiens.

Qu’on ne s’y trompe pas, Wolfen n’est pas à proprement parler un film de loup-garou et les adeptes de transformations lunaires et autres créatures de Londres ou de Paris en seront pour leur frais. Wolfen est un film culpabilisateur et laudateur. Il cherche à faire culpabliser la société américaine engoncée dans son cadre de vie urbain - donc artificiel - et matérialiste, destructeur de la nature et de ses occupants antérieurs. Lesquels sont symbolisés par les indiens et les loups dont le mode de vie sont alors perçus comme très proches l’un de l’autre et en parfaite symbiose avec la mère nature (ce que les récentes études historiques tendent à relativiser pour les premiers). Comme les indiens, quelques rares loups, proches du monde des esprits à en croire le film, ont survécu et vivent cachés, ne sortant que pour défendre leur territoire, se nourrissant des malades (aspect perçu dans le film comme un service social !). Wolfen est donc un énième acte d’auto-flagellation, l’un des derniers du cinéma de cette époque en attendant un nouveau rebond. Il n’en est pas moins agaçant pour ,ne pas dire caricatural comme le personnage de van der Veer qui incarne à la fois John Smith, Rockefeller et Kennedy, ou même ridicule comme la scène de bain médianoche où l’indien se rapproche du monde animal en se comportant comme tel.

Fort heureusement, si le scénario et son message ne brille pas par leur subtilité et leur intelligence, l’ambiance du film contribue largement à le rendre visible. Si l’on excepte une lègere propension à la sanguinolence, le jeu avec la luminosité, le mode de tournage, la rareté des dialogues (peut-être à des fins économiques ?) conduisent à créer une réelle atmosphère de tension qui font le charme réel du film.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?