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Kwest

vendredi 28 février 2003, par Maestro

Andreas ESCHBACH (1959-)

Allemagne, 2001, Quest

L’Atalante, 2002, 512 p.

Pour son quatrième roman traduit en France, Andreas Eschbach a choisi de revenir dans l’univers créé pour Des milliards de tapis de cheveux. L’action de Kwest se passe toutefois des millénaires avant l’intrigue de ce précédent livre, puisqu’on y découvre le royaume de Gheerh en lutte contre cet empire galactique qui allait finalement l’annexer et le chatier... L’attention est centrée sur le Megatao, immense vaisseau commandé par le patricien Eftalan Kwest, le bien nommé, puisque son obsession est de trouver la mythique planète des origines, celle qui est à la source de toute vie dans l’univers. Pour ce faire, il n’hésite pas à piller le Pashkanarium, colossal sanctuaire censé abriter toutes les connaissances de l’humanité. Et ce n’est là que le début de l’odyssée ! Fidèle à ce qui fait sa force, Eschbach nous propose une nouvelle fois une vaste galerie de personnages embarqués à bord du Megatao : le capitaine lui-même, en proie à une maladie rare et incurable ; sa première guérisseuse, avec qui il a noué une relation étroite ; le pilote Muntak, orgueilleux mais extrêmement compétent ; le régisseur Dawill, brillant exemple d’ascencion sociale ; l’historien Kouton, peu sûr de lui et torturé par son amour pour la première guérisseuse ; Smeeth, l’étrange voyageur récupéré dans une épave et originaire de la lointaine époque de la République ; Baïlan, le jeune novice du Pashkanarium, qui a succombé à l’appel de l’aventure... et de la chair !

Le tableau, bien qu’incomplet, ne peut faire l’économie du système social qui le sous-tend, un système de castes particulièrement rigide, sur lequel il aurait été intéressant de fournir davantage de détails. Les multiples relations qui se nouent entre ces personnages, et leurs propres pensées, sont une des composantes essentielles du roman, permettant de donner une dimension pleinement humaine à une quête aux dimensions littéralement cosmiques. C’est ce qui différencie Eschbach d’un Stapledon, par exemple. Car le roman Créateur d’étoiles de ce dernier n’est pas loin. Le Megatao est en effet confronté à des races extra-terrestres plus anciennes que l’homme, à leurs étranges particularités et à leur puissance qui dépasse l’entendement, avec toutes les difficultés de communication que cela suppose. C’est également l’occasion d’initier une réflexion sur le sens de la vie (et de la mort), ainsi que sur la notion de divinité, avec une conclusion susceptible de réconcilier spiritualistes et matérialistes. Le suspens est évidemment un des points forts de Kwest, mais globalement sans artifices ni grosses ficelles, avec une emprise qui évoque la trilogie fondatrice de Fondation, du maître Asimov. Bref, on se trouve une nouvelle fois avec un roman d’envergure tout à fait réussi, certes moins surprenant que Des milliards de tapis de cheveux, mais qui nous fait saluer Eschbach comme la force actuelle majeure de la SF allemande.

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