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Les coucous de Midwich

dimanche 16 février 2020, par Maestro

John WYNDHAM (1903-1969)

Royaume-Uni, 1957

Denoël, coll. « Présence du futur », 1959, 240 p.

Les coucous de Midwich, renommé Le Village des damnés suite à son adaptation cinématographique, est un des plus grands succès de John Wyndham, avec Le jour des Triffides. Outre la première adaptation en noir et blanc par Wolf Rilla en 1960, il y eut une suite au film, sous le nom de Les Enfants des damnés (1963), puis le remake plus ou moins convaincant de John Carpenter (1995). Autre signe qui ne trompe pas, les rééditions successives du roman, la plus récente en France datant de 2013.

L’action se situe dans une petite ville paisible et sans histoire de la campagne britannique, Midwich. Un 26 septembre, la bourgade se retrouve totalement isolée du reste du monde par un étrange phénomène, plongeant tous les occupants d’un cercle parfait autour du centre de Midwich dans la catatonie. Une fois les choses revenues à la normale, on se rend compte que soixante femmes de Midwich, toutes celles présentes lors de l’événement, sont tombées enceintes, même celles demeurées vierges. De par la présence, lors de la mise en sommeil de la ville, d’un OVNI, il n’est que trop évident que ces bébés sont issus d’une forme extra-terrestre d’insémination artificielle. Une fois nés, le narrateur et le grand écrivain, résidents à Midwich, se rendent compte que non seulement les enfants aux yeux dorés exercent un pouvoir sur leurs génitrices, mais qu’ils constituent une forme d’intelligence ou d’âme collective, garçons d’un côté, filles de l’autre. La situation bascule lorsque, âgés de près de dix ans, ils déploient des réactions disproportionnées quand un des leurs est menacé…

Avec ce roman, John Wyndham propose une lecture contemporaine et rationnelle du mythe des enfants des fées, qui étaient substitués aux humains selon les croyances médiévales. Il invoque également, à l’appui de son propos, les lois de l’évolution, montrant, comme dans les histoires de mutants si prisées de la science-fiction du temps, que sapiens n’exerce qu’une domination fragile et temporaire sur la nature. La force du roman tient alors à la forte dose d’implicite et d’inconnu subsistant sur la nature exacte de cette autre forme de vie intelligente. Plus subtil, Les coucous de Midwich semblent à leur manière refléter les changements de mœurs alors en gestation dans le monde occidental, la question des relations sexuelles hors-mariage, la séparation des sexes et de leurs tâches respectives, ainsi que les tensions entre générations.

Enfin, mais ce n’est pas là ce qui me semble le plus prégnant, il est difficile de faire abstraction du contexte géopolitique, celui de la guerre froide. Toutefois, contrairement à The Body Snatchers de Jack Finney, Les coucous de Midwich se révèlent plus subtils, plus riche de sens, également. Il suffit de citer la mise en perspective internationale, présentée vers la fin du roman, pour se rendre compte que le bloc de l’est est confronté au même genre de situation que son homologue occidental… Le choix d’enfants, définitivement, confère au livre un caractère atemporel, ce qui le rend toujours aussi glaçant.

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