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Les compagnons de l’ombre - 1

samedi 12 septembre 2009, par Maestro

Jean-Marc LOFFICIER (1954-)

France, 2007

Black Coat Press, coll. "Rivière blanche", 300 p.

Volume inaugural du pendant français des Tales Of The Shadowmen étatsuniens lancé en 2005, Les Compagnons de l’ombre première mouture présente la particularité de proposer des nouvelles se déroulant toutes pour l’essentiel à Paris au XIXème et XXème siècles. Sur les vingt-deux récits, une douzaine sont de très courtes histoires, bon nombre étant d’ailleurs signées de Jean-Marc Lofficier et reprises dans son recueil Pacifica ; on retiendra en particulier l’émouvant « Le Prince des Etoiles », variation sur l’imaginaire de Saint Exupéry, ou « On n’échappe pas au coup de foudre », dernière rencontre entre deux géants, Holmes et Lupin.

Participant à la constitution d’un monde dans lequel tous les héros de fiction, des plus connus aux plus improbables, cohabitent, collaborent ou se confrontent, ces nouvelles se font un malin plaisir d’initier des rencontres parfois surprenantes. Ainsi, Matthew Baugh, avec « Le masque du monstre », combine Judex, un Maigret encore débutant et une créature surgie d’outre-tombe, dans une sympathique histoire d’enlèvement. Win Scott Eckert, dans « L’œil d’Oran », oppose, sur fond de La peste d’Albert Camus, Lupin et Fu Manchu. De plus haute volée, Kim Newman transpose les « drôles de dames » à l’époque d’une IIIème République à peine sevrée, au service d’une agence dirigée par le fantôme de l’opéra : répliques jouissives et industrialisation gangrenant jusqu’à la vie humaine sont au rendez-vous de cet incontournable de l’anthologie. Autre très bon moment, « En amour comme à la guerre » de Brad Mengel, qui brosse le tableau fort dynamique d’une rivalité séductrice opposant James Bond, OSS 117 ou le Saint. Quant àXavier Mauméjean, il signe un texte proprement jubilatoire, « Bonjour chez vous », dans lequel Sherlock Holmes se retrouve coincé dans le fameux Village du Prisonnier…

On est là dans une tendance nostalgique de fond, indice possible d’un doute sur un présent par trop instable et inquiétant, à laquelle appartient également le courant steampunk ou la Ligue des gentlemen extraordinaires. C’est de cette confrérie dont se rapproche d’ailleurs très nettement l’assemblée de la nouvelle signée Philippe Ward et Sylvie Miller, « Les ferrets invisibles », puisqu’on y côtoie aussi bien l’explorateur du temps de Wells que Némo, Griffin… ou Alexandre Dumas ! Tous ces croisements improbables, surprenants ou réjouissants dont vous aviez rêvés, Les Compagnons de l’ombre s’en font un régal !

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