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LE JOUR OU LA TERRE S’ARRÊTA (2008)

samedi 23 avril 2011, par Maestro

Scott DERRICKSON (1966-)

Etats-Unis, 2008, The Day the Earth Stood Still

Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates, Jaden Smith, John Cleese.

Comme le symptôme d’un déficit de créativité et d’une frilosité sans cesse accrue des studios d’Hollywood, les remakes de films ayant connu le succès n’ont cessé de se multiplier ces dernières années. En attendant celui de Planète interdite, le classique de 1951 signé Robert Wise a eu droit à un lifting de luxe, effets spéciaux à gogo et casting prestigieux en tête. Tout est plus dans ce second film : plus de vitesse pour l’aéronef extra-terrestre, plus de mobilisation gouvernementale pour faire face à la menace (n’oublions pas que nous sommes dans un contexte post-11 septembre, ce dont témoigne la mort du père de Jacob), plus de scènes d’action, plus de pathos aussi.

La trame scénaristique demeure identique dans ses grandes lignes : arrivée à New-York, observation de la population in situ par Klaatu (relayé ici par son semblable, visiblement envoyé sur Terre bien avant lui, un clin d’œil au héros du film de 1951 ?), jusqu’à la résolution de l’équation chez le scientifique qui travaille encore sur un tableau noir... Le clin d’œil final à l’arrêt total des activités mécaniques sur Terre, autre lien direct avec le métrage de 1951, ne sert par contre strictement à rien quant au déroulement de l’intrigue. Cinquante ans ont passé, et cela se ressent dans le choix des personnages qui reflètent l’évolution de la société, à commencer par le professeure Benson, astro-biologiste qui élève seule son beau-fils, Cela se ressent également dans le substrat scientifique invoqué. Face au caractère plus classiquement technique du premier métrage, les mécaniques (soucoupe, robot) sont ici remplacés par des créations biologiques, que ce soit pour la sphère de transport, pour le garde du corps géant Gort (d’ailleurs étonnamment moins réaliste en 2008 qu’en 1951, car trop visiblement produit de l’informatique, un comble !) ou pour la matérialisation du messager, ici élaboré à partir d’un ADN prélevé sur un alpiniste terrien des années 1920.

On retrouve en tout cas la critique des militaires, même limitée au dérapage d’un unique soldat, celle des gouvernants bien peu soucieux de transparence démocratique et réagissant de manière agressive, face à des scientifiques incarnant l’honnêteté et l’altruisme, une dimension un peu trop simpliste. Par bien des aspects, Klaatu joue ici un rôle quasiment divin, celui d’un nouveau Christ, le beau-fils d’Helen Benson se nommant d’ailleurs Jacob : l’arrivée de sa sphère se fait dans une véritable lumière céleste, ses pouvoirs sont étendus, il sait marcher sur l’eau, ressusciter les morts, et surtout, il est le catalyseur d’un nouveau déluge, un nouveau cataclysme destiné à éradiquer l’humanité, responsable non pas d’un surarmement nucléaire potentiellement autodestructeur, comme en 1951, mais de la crise écologique, changement d’époque oblige. Dans cette tendance lourde, la remarque matérialiste de Klaatu sur la mort qui n’est qu’une transformation apparaît bien isolée.

Il n’en reste pas moins que les conceptions de Klaatu ont de quoi susciter l’inquiétude quant au cadre politique du groupe de civilisations au nom duquel il est censé s’exprimer, puisqu’une espèce est condamnée, de manière totalement arbitraire et absolutiste, et que la seule chance qui lui est donnée est de s’entretenir avec ses dirigeants… qui ont la plus grosse part de responsabilité dans l’évolution du monde ! De même, il est franchement étonnant qu’une décision de cette importance ait été prise sans connaître suffisamment à fond l’humanité, et qu’elle soit annulée par le simple choix de son exécutant : visiblement, le stade galactique est tout sauf démocratique ! Le film de 1951 n’est donc en aucun cas surpassé, ni même égalé, d’ailleurs.

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