Accueil > CINECSTASY > D > DJINNS

DJINNS

dimanche 15 mars 2020, par Maestro

Sandra et Hugues MARTIN

France-Maroc, 2010

Avec Grégoire Leprince-Ringuet, Thierry Frémont, Aurélien Wiik, Saïd Taghmaoui, Stéphane Debac, Matthias Van Khache.

Djinns est un film qui, sur le papier, avait tout pour susciter l’intérêt. Son parti-pris fantastique est en effet doublement original : d’abord, parce qu’il exploite les richesses de la mythologie musulmane (et même pré-islamique, les djinns relevant du paganisme arabe) ; ensuite, parce que son intrigue se déroule en pleine guerre d’Algérie.

Après la découverte d’un soldat français surgissant du Sahara une mallette métallique à la main, le film revient en arrière en présentant une patrouille quelque peu hétéroclite : un lieutenant tout juste sorti de Saint-Cyr et encore inexpérimenté ; un adjudant, ancien de 39-45 et de l’Indochine ; un tireur d’élite alcoolique ; un appelé du contingent également cinéaste… Tout ce petit monde a été chargé de retrouver un avion militaire disparu au sud de l’Algérie, en plein désert. D’emblée, le contexte historique est plutôt bien rendu, le film tourné par l’appelé apportant une forme de mise en abyme, et une restitution du type d’images tournées à l’époque. Mais ces éléments demeureront au final relativement légers et sous-employés, y compris sur les enjeux politiques du conflit. L’avion est en effet rapidement découvert, l’ensemble de son équipage mort. La mallette qu’il transportait est récupérée, l’état-major souhaitant sa restitution. Suite à un accrochage avec une patrouille de combattants du FLN, les Français se retrouvent dans un village perdu, où ils vont subir la folie instillée par les djinns…

Pris un par un, les éléments du film sont souvent intéressants, quelques scènes se révélant relativement fortes. Mais l’ensemble, tel qu’il est mis en œuvre, souffre d’une certaine langueur, d’autant que le dénouement est par trop transparent : le premier essai atomique français est en effet prévisible dès le rêve prémonitoire fait par l’appelé cinéaste amateur. Dès lors, la morale du film est claire : une condamnation du nucléaire, du danger dont il est gros, cette forme de modernité irradiante contribuant en outre à faire disparaître les éléments fantastiques qui, jusqu’à présent, monopolisaient la peur que pouvaient ressentir les humains. Autre point faible, les effets spéciaux : le rendu des fameux djinns, proche des films La Momie, s’avère peu convaincant, assez peu effrayant, leurs apparitions étant en outre toujours semblables. Surtout, bien des points ne sont pas développés, rendant le film chroniquement superficiel. Pourquoi les djinns sont hostiles aux étrangers, algériens ou français, mais pas aux habitants de ce village ? Quel est exactement le rôle de la gardienne ? Pour quelle raison sa fonction est-elle transmise à un soldat français ?

De surcroît, même le désert, pourtant cinégénique, est filmé sans un travail réellement satisfaisant sur la lumière et les couleurs, tandis que comme dans un film d’horreur traditionnel, les personnages disparaissent les uns après les autres. Reste donc un film proche dans son esprit de La Forteresse noire, mais qui n’en est qu’un écho fantôme…

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions'inscriremot de passe oublié ?