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PASSENGERS

dimanche 20 août 2017, par Maestro

Morten TYLDUM (1967-)

Etats-Unis, 2016

Avec Chris Pratt, Jennifer Lawrence, Michael Sheen, Laurence Fishburne.

Un vaisseau élégamment profilé fend l’espace, à une vitesse atteignant la moitié de celle de la lumière, en route vers une planète semblable à la Terre destinée à être colonisée. A son bord, 258 hommes d’équipage et 5000 passagers, nouveaux habitants de Homestead II. Mais la traversée d’un champ d’astéroïdes par l’Avalon entraîne, malgré le champ de force dont le navire est pourvu, un dérèglement dans la mécanique pourtant parfaitement huilée. Un des passagers, Jim Preston, est ainsi réveillé de son hibernation. Croyant initialement être à quelques mois seulement de la planète de destination, il découvre qu’il est le seul éveillé à bord, et que le voyage doit encore se poursuivre 90 ans... sans possibilité pour lui d’être rendormi ! La seule compagnie dont il peut bénéficier est celle du barman androïde, ce qui l’entraîne d’un onanisme hédoniste jusqu’à une dépression joliment symbolisée par son excursion dans l’espace, où le vide de l’infini fait écho à son isolement pathétique. Il découvre par hasard l’existence d’une autre passagère, Aurora Lane, journaliste écrivain, dont il tombe progressivement amoureux, décidant de l’éveiller afin de ne plus être seul. Leur vie en commun va s’épanouir dans le même temps où l’Avalon connaît des dysfonctionnements croissants, au point de menacer son existence même. Jim et Aurora devront alors faire un choix terrible : mourir ensemble ou vivre séparément ?

Le scénario de Passengers s’inspire d’une nouvelle de Philip K. Dick, « Le voyage gelé », tout au moins pour son point de départ. Il y aurait décidemment de quoi s’interroger quant au caractère presque systématique d’utiliser Dick comme filon de scénarios, de Total Recall à Minority Report en passant par Blade Runner ou Planète hurlante… Mais l’essentiel n’est pas là. Car de jeu sur la réalité, Passengers n’en contient aucun. Non plus de réel questionnement approfondi sur la dépendance absolue à l’égard des IA, pourtant patente ici. Tout juste a-t-on droit à une brève dénonciation par Aurora des agissements de la compagnie Homestead, qui fait tout pour s’enrichir sur le dos des colons (les faux clips promotionnels proposés en bonus du DVD, évoquant le procédé de Starship Troopers, accentuent cette dimension), et à plusieurs touches d’humour sympathiques. A la place, le spectateur profite d’une incontestable réussite visuelle. L’Avalon, à la structure arachnéenne, est magnifique, et son intérieur évoque les paquebots actuels : on y trouve des boutiques, des restaurants, des attractions, et même une piscine ! La transformation de cette dernière, lors de la perte de gravité, est une véritable scène épique. Quant aux effets spéciaux, utilisés en particulier pour le fonctionnement des appareillages numériques du vaisseau, ils sont particulièrement réussis.

Le cœur du film, c’est bien sûr la romance entre Jim et Aurora, qui connaît plusieurs épreuves, avant de voir son romantisme triompher. Si le film manque d’une chute inattendue, remplacée par un dénouement non dénué de poésie, on aurait tout de même apprécié de voir les deux amants vieillir et mourir ensemble. La pudeur manifesté à la place permet de conclure sur un propos sans doute rassurant, dans notre époque de bouleversements tous azimuts, mais terriblement restreint : l’épanouissement au jour le jour, dans le cadre d’une vie amoureuse autocentrée profitant des merveilles de la société de consommation. « Quelle vie d’enfer ! », ainsi que le résument bien les deux personnages…

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