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CHRONICLE

dimanche 28 avril 2019, par Maestro

Josh TRANK (1985-)

Etats-Unis, 2012

Avec Dane DeHaan, Alex Russell, Michael B. Jordan, Michael Kelly, Ashley Hinshaw.

La déferlante des super-héros sur grand écran à compter des X Men de Bryan Singer, qui ont ouvert la voie aux Marvel et autres DC, a engendré des films un peu plus originaux, cherchant à se démarquer d’un modèle orthodoxe. On pense bien sûr à la veine franchement humoristique d’un Deadpool ou, plus récemment, d’un Shazam, ou à la vision très noire de Brightburn. Chronicle, lui, a choisi le parti-pris censément plus authentique des premiers Blair Witch ou Cloverfield. Tout le métrage est donc filmé par le personnage principal grâce à une caméra, ses prises étant complétées par divers plans captés par des caméras de surveillance. L’ironie, c’est que ce film, sorti en 2012, est déjà en grande partie vieilli, les caméras encombrantes utilisées par les protagonistes ayant depuis été remplacées par les smartphones…

Ce personnage, c’est Andrew, élève en dernière année de lycée à Seattle, qui doit subir à la fois la violence de son père alcoolique, la souffrance de sa mère malade chronique, et les moqueries de ses camarades pour qui il est un souffre-douleur. Invité à participer à une soirée par son cousin, lui aussi lycéen, Andrew se retrouve embarqué avec celui-ci et Steve, élève très populaire, dans l’exploration d’une excavation souterraine : ils y découvrent une entité d’origine probablement extra-terrestre, et se retrouvent surtout dotés de pouvoirs télékinésiques. Ensemble, ils cherchent à les apprivoiser, à les maîtriser du mieux possible, souvent en les utilisant de manière potache. Lors du spectacle de fin d’année, Andrew et Steve usent même de leurs pouvoirs afin de rendre le premier populaire, une forme d’apothéose destinée à être éphémère. Tout bascule lorsqu’Andrew se sert de ses pouvoirs pour résister à la violence de son père. Dès lors, ce qui s’apparentait davantage à une comédie se mue en véritable tragédie. Le trio éclate face aux dissensions internes, devient autodestructeur. Cette progression dramatique culmine dans un affrontement dantesque en plein centre de Seattle.

Chronicle, pour l’essentiel, est un film destiné à des adolescents, tant il traite avant tout de la vie lycéenne à l’américaine, de certaines difficultés sociales, avec une relative fatalité de la transmission de la violence au sein d’une famille. Le thème du surhomme est rapidement abordé, mais là aussi de façon plutôt superficielle, à la façon d’un cours de philosophie rapidement digéré. Sympathique, Chronicle est au cinéma le pendant de la démarche d’un Xabi Molia dans son roman Les Premiers. Il n’évite pas pour autant les incohérences, ainsi d’Andrew qui, en dépit de ses pouvoirs, choisit d’agresser une bande de petites frappes de son quartier pour les dépouiller de leur argent, en plein jour qui plus est, tout cela pour acheter des médicaments destinés à sa mère… quand il aurait aussi bien pu aller les dérober !

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