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Medieval Superheroes

dimanche 4 avril 2021, par Maestro

Olivier BOILE (1981-)

France, 2012

Nestiveqnen, collection Fractales / Fantastique, 312 pages.

Olivier Boile a publié chez Nestiveqnen deux types différents d’ouvrages : des œuvres de fantasy originale et profondes (Et tu la nommeras Kiev, Nadejda), et des nouvelles ou romans plus humoristiques (Sans donjons ni dragons). C’est à cette dernière veine que se rattache Medieval Superheroes – même si l’ultime nouvelle du recueil Et tu la nommeras Kiev, « Le dernier défi de Capitaine Soviet », mettait déjà à l’honneur un super-héros atypique...

Car dans le genre décalé, Olivier Boile fait fort ! Figurez-vous qu’au cœur du XIVe siècle opéraient déjà des super-héros, si, si ! Bat Moine, Alban le blanc tout de… blanc vêtu, Ronan le destructeur et son épée Stormy de son petit nom, RainBow, l’archer gay, Captain Insensible, véritable armure vivante, tous diplômés de la RUSH (Royale Université de Super-Héros), tentent ainsi de rendre le royaume de France meilleur, lui qui est en guerre contre la vile Albion. Mais c’est sans compter sur Princesse Microbe, à qui l’on doit l’épidémie de peste noire. Comme si cela ne suffisait pas, celle-ci souhaite exercer ses pouvoirs mortifères au XXIème siècle. Le même XXIème siècle dans lequel Alban le blanc s’est réfugié, pour échapper à sa charge ; il est désormais pizzaïolo sous le nom d’Orlando, et s’efforce de mener une vie normale avec Diana, sa petite amie occasionnelle, et Sammy, son colocataire asocial. Il reviendra finalement au XIVe siècle, poussé par l’honneur et le danger pesant sur son mentor, Seigneur Justice.

Mais dans le même temps, RainBow et sa disciple la Chouette se retrouvent au XXIe siècle, entraînant des super-héros de l’époque, plein de bonne volonté, mais dénués de réels pouvoirs. Ils ont nom Whipgirl, Monsieur Meuble, l’Auriculaire, Brise de Lotus Adamantin, Dame Patriote ou Palsecam. On l’aura compris, Medieval Superheroes est un concentré de second ou même de troisième degré fort sympathique. Olivier Boile y joue avec la métatextualité, abolissant les frontières entre écrivain, narrateur et personnages. Il se saisit à bras le corps des clichés, multiplie les références culturelles (au jeu de rôle, entre autres, mais aussi aux héros de chez Marvel, évidemment, aux chansons du patrimoine populaire…) tout en faisant de l’anachronisme un principe vital. Dans son Moyen Âge, on peut communiquer par Fax (je vous laisse découvrir de quoi il s’agit en réalité), écouter dans une taverne les Ludwig Von 1288 (sic !) malmener leurs riffs de harpe, et Paris est protégé par le Mendigot…

Même si le mélange des deux termes peut de prime abord surprendre, le roman dévoile un grand respect pour son sujet (les super-héros, donc) et une large imagination, avec une galerie de personnages tous plus référentiels les uns que les autres. Ajoutons à cela des complots mêlant le pape (mais lequel ?) et l’industrie pharmaceutique, sans oublier un vilain caricatural, bien sûr, et des hommes en noir, et la coupe est presque pleine. Savoureux, vraiment, de quoi faire d’Olivier Boile le Pratchett français.

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