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MORTUARY

dimanche 27 novembre 2022, par Maestro

Ryan SPINDELL (1979-)

Etats-Unis, 2019

Avec Clancy Brown, Caitlin Fisher, Christine Marie Kilmer, Jacob Elordi, Ema Horvath.

The Mortuary Collection – à ne pas confondre avec le Mortuary de Tobe Hooper sorti en 2005 – est un film à sketches, sur le principe des Contes de la Crypte ou du Necronomicon inspiré de l’œuvre de Lovecraft.

Tout commence à Raven’s End, petite ville portuaire des Etats-Unis, très bien filmée, et qui laisse entrevoir une personnalité charismatique. On a l’impression de pénétrer dans une histoire de Stephen King. Mais ce qui concentre très rapidement l’intérêt du réalisateur, c’est l’entreprise funéraire locale. Son directeur, un vieil homme à la belle voix grave, cherche en effet à recruter, et c’est une jeune femme qui se présente. Devant ce public inespéré, le directeur va se laisser aller à raconter quelques histoires croustillantes tournant toutes autour de la mort. De toute cette trame centrale, on apprécie en particulier la bâtisse, ses nombreux coins et recoins, qui donnent finalement l’impression de n’être pas suffisamment exploités. Les segments qui représentent autant d’histoires différentes, avec un personnage de médecin les reliant pratiquement tous, sont par contre extrêmement inégaux.

Le premier nous présente une femme, invitée d’une soirée où elle exerce ses talents de pickpocket. Examinant son butin dans les toilettes, elle découvre que l’armoire à pharmacie abrite un monstre bien pire qu’elle… Un peu court, excessivement moralisateur dans ses non-dits, cette séquence peine à convaincre. La seconde met en scène un étudiant, membre d’une de ces fraternités typiques des Etats-Unis, et qui n’a de cesse que de chercher à allonger son tableau de chasse féminin. Lorsqu’il refuse d’utiliser le préservatif que lui tend sa soixante-septième conquête, il en subit les conséquences en se retrouvant… enceint ! L’argument anti-viriliste est malheureusement trop ridicule pour réellement convaincre.

Heureusement, le troisième sketch s’avère de prime abord plus inspiré. Un couple, marié et heureux, voit son bonheur s’effondrer le jour où la femme tombe dans une forme de catatonie incurable. Son mari est ainsi condamné à s’occuper d’elle, jusqu’à atteindre le point de rupture. Le sujet est touchant, mais son traitement vire ensuite au gore et au grand-guignol, noyant les quelques touches de poésie (les scènes dans l’ascenseur) de cette variation autour de la fameuse formule « jusqu’à ce que la mort nous sépare »…
Enfin, l’ultime histoire est cette fois contée par la jeune femme nouvellement recrutée. Scénaristiquement, on tient là la partie la plus robuste du long-métrage. La narratrice raconte en effet la soirée de baby-sitting durant laquelle elle a dû affronter l’intrusion d’un évadé de l’asile psychiatrique local. Une confrontation doublée, à la télévision, par la diffusion d’un pastiche des slashers à la Halloween qui propose une savoureuse mise en abyme. Le dénouement de l’histoire s’appuie sur une idée retorse et bien vue, mais les angles morts de sa possible explication rendent son traitement trop peu convaincant.

Des promesses incomplètement remplies, un cadre stimulant mais investi d’une manière trop souvent ridicule, The Mortuary Collection ne restera malheureusement pas dans les annales.

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