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DEADPOOL

Ryan Reynolds grille le vert, repasse au rouge et franchit la ligne blanche

dimanche 19 juin 2016, par von Bek

Tim MILLER

Etats-Unis, 2016,

Ryan Reynolds, Ed Skrein, Morena Baccarin

Ceux qui ne connaissent que très peu, voire pas du tout, le personnage de Deadpool risquent d’être surpris à la vision du film de Tim Miller dont c’est le premier blockbuster et qui se voit confier une mission risquée pour l’avenir de sa carrière : mettre en scène le plus politiquement incorrect des héros marveliens, un mercenaire qui parle autant de trous de balles qu’il en faits, qui ne cache pas son onanisme [1]. Les studios - principalement la Fox en l’occurrence qui détient les droits du personnage au même titre que ceux des X-Men - prennent donc autant de risques que le réalisateur sans toutefois mettre autant d’argent [2]que dans le X-Men Apocalypse qui sort trois mois après. Autant dire que c’est un coup d’essai.

Mercenaire, Wade Wilson est devenu Deadpool, être doté de super-pouvoirs dont le moindre n’est pas une capacité à se régénérer telle qu’il peut endurer les pires blessures et même des amputations. Ce faisant il y a laissé sa peau et en est sorti tellement défiguré qu’il n’ose plus se présenter devant sa petite amie, Vanessa, une danseuse exotique, qui le croit mort. Aussi entend-il se venger du responsable de sa mutation, Ajax, en l’interceptant sur une autoroute. Malheureusement pour Deadpool l’intervention du x-men Colossus permet à Ajax de se faire la malle puis d’entreprendre de se débarrasser de son ennemi en kidnappant Vanessa. S’ensuit une bataille sur un chantier de démolition avant se d’achever par un happy end.

Clairement l’argent n’est pas allé dans la poche du scénariste et la réalisation aura beau emballer l’histoire par des flashbacks, le scénario n’est absolument pas original et comble, pour une histoire d’un héros très incorrect, s’achève sur une morale des plus politiquement correctes. Doté de scène d’action de qualité, tout repose cependant sur les aspects transgressifs du personnage et celui-ci n’en manque pas. Absolument dénué de scrupules face au meurtre, ne répugnant pas à s’alcooliser ou aux expériences sexuelles, notamment lors de la journée de la femme, Deadpool commet la transgression absolue au cinéma : il brise le quatrième mur en s’adressant au public, celui-ci futil dûment sélectionné par une classification idoineInterdit au moins de 12 ans en France et au mineur non accompagnés aux Etats-Unis [3].

L’humour occupe donc une place essentielle et sous toutes ses formes : le comique de répétition, l’humour décalé parfois digne de Zucker et Abrahams, le scatologique ou l’ironie sont bien présents et même pas de manière distillée. La production a même permis des flèches du Parthe décochée contre Green Lantern dans lequel Ryan Reynolds avait endossé le costume vert du super-héros. Les références culturelles populaires abondent d’ailleurs et certaines ne seront sans doute pas perçues par un public à peine sorti de l’adolescence.

Humour et racolage dissimule donc un scénario de série B et avec succès si l’on considère le sextuple retour sur investissements obtenus rien qu’aux Etats-Unis. Quoique fidèle au comics, Deadpool ne sera pas le film du genre de l’année... enfin espérons le !


[1Ben quoi ? Il faut bien relever le niveau de vocabulaire du film...

[2Trois fois moins même...

[3Dit rapidement on pourrait croire que la France est plus laxiste que les Etats-Unis mais si on y réfléchit bien aux Etats-Unis, un parent peut amener un gosse de 7 ans voir Deadpool.

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