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La mémoire de l’orchidée

dimanche 18 octobre 2020, par Maestro

François FIEROBE (1965-)

France, 2012

La Clef d’argent, collection « KholekTh », 180 p.

La mémoire de l’orchidée est à ce jour l’unique recueil de nouvelles d’une des plus belles plumes des littératures de l’imaginaire, celle de François Fierobe. L’ensemble, inédit pour l’essentiel, s’articule en trois groupes thématiques comprenant chacun trois textes… La table des matières constitue ainsi, déjà, une forme d’invitation au mystère numérologique.

«  Les archives du club sans nom » embaument de cette atmosphère so british, les différents récits apparaissant d’ailleurs plutôt classiques. « La mémoire de l’orchidée » présente une fleur exotique à partir de laquelle une substance psychotrope offre une vue chromatique de la réalité tellement plus belle… affectant la mémoire, au point que l’on ne sache plus si l’on est orchidée rêvant d’être homme ou homme rêvant d’être orchidée. « Une méditation chez Darwin » est un jeu de miroir autour de l’existence des fantômes. C’est « La ruelle aux empuses » qui s’avère être la plus marquante des trois nouvelles : à l’aide de ce fog bien connu, mais également de ce pointillisme littéraire que l’auteur maîtrise si bien, le sentiment de l’horreur s’insinue, pénètre et touche le lecteur en son for le plus intérieur.

Avec « Artéfacts et singularités », c’est le François Fierobe le plus brillant que l’on découvre. Celui qui se fait guide aveugle, nous introduisant dans un musée à ciel ouvert, où les créations, néologismes ou objets improbables, tordent les limites du réel, déforment ses contours. Ici, c’est un lieu autour duquel gravitent les créations les plus étranges et singulières, la petite ville de Rascanges. Comment ne pas être sidéré devant les « Géométries caniculaires de Rascanges », artéfacts sus-cités étudiés en vain par un chercheur, qui défient les lois de la logique cartésienne, et dont tout le paratexte laisse croire à leur authenticité ? Anomalines, récurrines et semperfixines risquent de hanter longtemps votre inconscient. « Le bureau des objets maudits » nous introduit dans un lieu méconnu de Rascanges, où sont décrits par le biais de notices explicatives toute une série de matérialisations diverses et variées de ce qui nous hante, nous effraie et nous attire. Citons tout particulièrement certains instruments de musique, ce miroir capable d’ouvrir sur un ailleurs d’abord limité par les reflets, ou encore ces serrures de cercueils… « La brocante aux fantômes » est un autre ce ces cabinets de curiosités quantiques, où chaque pièce débouche sur une multiplicité de scénarii, ouvrant une infinité de portes vers autant d’ailleurs.

Le dernier groupe de textes, « Estaminets et sortilèges », comprend trois nouvelles plus courtes reliées par le principe de la terrasse de bistrot. « Chasse-croisé au café Dante » est comme un écho de « Une méditation chez Darwin », « La terrasse des âmes perdues » une déclinaison du mythe de l’homme en noir, autrement dit du diable en tant que principe du mal, et «  A l’enseigne du Curé vert » une histoire de malédiction autour d’enterrés vivants. Indubitablement, ces trois récits sont moins puissants que le sommet du recueil, ces sensationnels « Artéfacts et singularités ».

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