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Dimension avenirs radieux

dimanche 19 novembre 2017, par Maestro

Patrice LAJOYE, dir.

France, 2016

Black Coat Press, coll. « Rivière blanche », série Fusée, 282 p.

Patrice Lajoye est bien connu des lecteurs de la revue Galaxies : spécialiste avec son épouse Viktoriya des littératures de l’imaginaire soviétique et russe, il a également été rédacteur en chef de Géante rouge. Ils ont d’ailleurs déjà coordonnés ensemble chez Rivière blanche les anthologies Dimension URSS et Dimension Russie, ainsi que plusieurs recueils dédiés à des auteurs de la même zone géographique. Dimension Avenirs radieux est sa déclaration d’amour à une science-fiction plus positive qu’à l’accoutumée, un genre ayant retrouvé ses espoirs et ses rêves, sa dimension utopique ; et c’est avec quinze nouvelles inédites qu’il a pu l’écrire.

L’unité de l’humanité, le sentiment d’être collectif, est un des thèmes majeurs du recueil. Si dans « Le bunker du monde », de Laurent Kloetzer, c’est encore une promesse, elle devient évidence « Sous leurs regards », de Laurent Gidon. Ce moment d’unité enfin trouvée ouvre d’ailleurs sur un premier contact avec une intelligence extra-terrestre. Car l’avenir radieux se conjugue souvent dans l’espace. Estelle Faye, avec « Un monde plus tiki », fait de notre sombre réalité du XXIe siècle une simple uchronie dans l’esprit d’un membre d’équipage d’un vaisseau du futur, ce futur où l’humanité n’a pas abandonné la course au cosmos après le premier pas sur la Lune ; et quel meilleur symbole de cette volonté d’exploration que la référence aux Polynésiens, premiers marins au long cours s’il en est (on pense également au Polynésia de Jean-Pierre Bonnefoy).

Jean-Louis Trudel, pour sa part, propose une alternative aux scénarios catastrophes induits par le réchauffement climatique. « Le matin, les arbres et leurs cadeaux » décrit un monde où l’économie alternative surpasse progressivement et -à peu près-pacifiquement l’ancien modèle. Bien que cet avenir n’ait pu se construire que par la mise en place de philtres pour limiter les sollicitations excessives des nouvelles technologies numériques, il use abondamment des biotechnologies, multipliant les arbres génétiquement modifiées afin qu’ils deviennent demeures ou capteurs augmentés de dioxyde de carbone.

C’est également d’une science prométhéenne que l’espoir renait avec « Futur en friches  » d’Olivier Gechter, le touchant « Le silence de Shiva » signé Xavier Portebois, «  Violoncellistes » de Nowette et ses humains modelant la matière elle-même, ou le beau « Dans le ciel » de Sylvain Lamur, concrétisation d’un des plus vieux rêves de l’humanité. Enfin, thème très en vogue dans les années 1960 et 1970, la sexualité demeure une ouverture vers l’altérité et la tolérance mutuelle, surtout quand les cellules intimes peuvent se composer de plusieurs dizaines d’individus ! (« Vingt-trois », de Bertrand Bonnet).

Rares sont donc les auteurs qui, comme Patrice Lajoye, mettent davantage en garde contre un transhumanisme implicite (le dystopique « Rapport d’intégration »). Malgré tout, même en vivant dans l’espace, entourés d’animaux doués de la parole et d’une conscience élargie, les humains seront confrontés aux mêmes tendances à la déprime qu’aujourd’hui (« Réparation de l’artiste », de Gulzar Joby).


Pour commander Dimension avenirs radieux suivez le lien vers les éditions Black Coat Press !

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