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I ORIGINS

dimanche 27 août 2017, par Maestro

Mike CAHILL

Etats-Unis, 2014

Michael Pitt, Brit Marling, Astrid Berges-Frisbey.

Après Another Earth, film à budget limité mais remarqué par la critique, le réalisateur étatsunien Mike Cahill a signé quelques années plus tard I Origins, dans lequel on retrouve d’ailleurs les deux acteurs principaux du premier métrage, Brit Marling dans un rôle secondaire déterminant, et William Mapother pour une apparition symbolique, dans tous les sens du terme. Après le macrocosme, en la personne d’une Terre parallèle, Mike Cahill a choisi de se pencher sur le microcosme, celui de l’œil (d’où le jeu de mots du titre).

Ian Gray est un scientifique, fasciné par les yeux depuis son enfance, puisqu’il n’a de cesse de les photographier et de les archiver. Lors d’une soirée arrosée, encore thésard en biologie moléculaire, il rencontre une fille costumée aux yeux bien particuliers. Il n’a dès lors de cesse de la retrouver, ce qu’il parvient finalement à faire, initiant de la sorte une romance passionnée avec Sofi. Parallèlement, il mène, assisté par une stagiaire en première année, des expériences sur les yeux destinées à valider la théorie de l’évolution ; pour ce faire, tous deux cherchent à faire naître un œil chez une espèce animale qui en est dépourvue. Mais au moment où une découverte capitale est réalisée, coïncidant avec le mariage prévu de Ian et Sofi, un drame vient tout briser. Le film se poursuit alors sept ans plus tard, quand Ian et Karen sont désormais en couple, parents d’un petit garçon prénommé Tobias. L’identification rétinienne pratiquée à la naissance de ce dernier conduit toutefois à une confusion d’identité avec un certain Paul Edgar Dairy, décédé juste avant la conception de Tobias…

I Origins, c’est Love Story au royaume des scientifiques. Cette composante du film est touchante, incontestablement, mais ce qui laisse dubitatif, c’est la suite des événements. Le couple Ian / Sofi incarne en effet une opposition classique, celle de la raison raisonnante contre l’attachement spirituel à un autre monde, invisible et immatériel, ainsi qu’au cycle des réincarnations (non sans fragilité, d’ailleurs, ainsi de la comparaison faite par Sofi entre croyants et mutants génétiques, dotés d’un sens nouveau ouvrant sur une réalité plus large : quid alors des pertes de foi vécues par bien des croyants ?). Et lorsque Sofi meurt, c’est une vérification scientifique de la métempsycose que visent Ian et Karen, via un voyage vers le passé sentimental, un peu comme dans Another Earth. Car l’iris de Sofi a été enregistré quelques mois auparavant seulement, dans le cadre du programme d’enregistrement biométrique adopté par l’Inde. On sent bien qu’ainsi, Mike Cahill cherche à réconcilier religiosité (ici celle de l’hindouisme en particulier) et scientificité, comme un moyen de pacifier notre époque contemporaine, marquée par le retour de la religion et de la réaction intellectuelle. Mais si une lecture matérialiste peut malgré tout être privilégiée (« mes atomes aiment les tiens depuis l’éternité », dixit Ian à Sofi), c’est bien la concession à la spiritualité idéaliste qui prédomine au final.

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