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London Bone

samedi 21 mars 2009, par Maestro

Michael MOORCOCK (1939-)

France, 2008

ActuSF, collection Les Trois Souhaits, 102 p.

Les recueils de nouvelles signés Moorcock ne sont guère légion dans notre pays. Outre Le livre d’or qui lui fut jadis consacré, on ne peut mentionner que le très intéressant Déjeuner d’affaires avec l’Antéchrist. Ce London Bone, trop court, regroupe quatre textes, tous déjà parus en langue française dans diverses revues ou anthologies.

La plus ancienne date de 1966. « Le jardin d’agrément de Felipe Sagittarius » est avant tout un amusement non sensique de l’auteur. Sous le prétexte d’une enquête sur un meurtre menée par un voyageur temporel dans un Berlin détruit (mais de quel époque ?), on y croise Bismarck en chef de la police, Hitler en subordonné gentillet, Einstein et même un monstre mécanique…

Vient ensuite « Le Cardinal dans la glace », un récit de 1987 présenté sous la forme de lettres écrites par une jeune femme très amoureuse à son fiancé restée sur Terre. Celle-ci fait en effet partie d’une expédition envoyée en repérage sur une planète récemment découverte. Alors qu’ils explorent le pôle sud de ce monde inconnu, ils découvrent, au cœur d’une fosse glaciaire, un humain en habits de cardinal ! Dès l’instant où ils décident de l’extraire de sa gangue gelée, les phénomènes étranges se succèdent… Difficile de proposer une unique interprétation de cette étrange histoire, tous les fils, et en particulier la conclusion, n’étant pas suivis jusqu’au bout. Hallucination collective ? Produit d’esprits encore sous l’emprise de l’idéologie religieuse ? Métaphore de l’immobilisme des religions, capables cependant de distiller une indéniable beauté artistique ?

« L’os de Londres », écrit dix ans plus tard, est indéniablement à rapprocher d’un des romans majeurs de Moorcock, Mother London. Le personnage d’agioteur qui traverse la nouvelle et qui s’enrichit grâce à l’exploitation d’un gisement d’os découvert sous la capitale anglaise est en effet le catalyseur à la fois de la dénonciation d’un système capitaliste capable de faire de l’argent pour les vivants avec les restes des morts, et de l’amour que porte l’auteur à la ville de Londres, perçue ici dans toute son épaisseur historique.

Quant à « Un samedi soir tranquille à l’Amicale des Pêcheurs et Chasseurs Surréalistes », c’est une histoire dans la veine des délires de Jerry Cornelius et autres Danseurs de la fin des temps, basée sur le passage de Dieu au bar des étrangers de cette étonnante Amicale, et sur son dialogue avec les habitués du lieu. Amusant tout autant qu’absurde, cet échange nous apprend toutefois que Dieu est un partisan fervent de l’économie de marché, et que les riches sont les humains les plus aisément admis au paradis, option anticléricale de Moorcok oblige !

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