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SUPER 8

Pas besoin d’avoir vu les 7 Super précédents...

samedi 6 août 2011, par von Bek

J. J. ABRAMS (1966-)

Etats-Unis, 2011

Joel Courtney, Kyle Chandler, Elle Fanning, Riley Griffiths, Ryan Lee, Gabriel Basso, Noah Emmerich

Que les spectateurs se rassurent, ils n’ont pas plus loupé les Super 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7 que ceux qui paniquaient à l’idée de commencer la franchise des Vendredis au n°13 ! Précisons alors, pour les jeunes [1] nés dans le dernier quart du XXe siècle et ceux du XXIe siècle, que le super 8 est un format de film lancé par Kodak dans les années 60 pour les cinéastes amateurs et familiaux. Accrochez vous parce que là on vous parle de pellicule donc de développement et pas de numérique. Ce procédé a semble-t-il eu une grande influence sur les cinéastes en herbe dont J. J. Abrams, auteur et producteur (avec Steven Spielberg) de son propre film. Nostalgique de son adolescence qui annonçait déjà sa vie professionnelle, le très créatif père de Lost revient sur celle-ci et rend hommage aussi au cinéma spielbergien.

Lillian, Ohio, Juin 1979. Quatre mois après avoir perdu sa mère dans un accident de travail, le jeune Joe Lamb participe assidument au projet de film de zombies de son ami Charles en se chargeant des maquettes et des maquillages. Il est d’autant plus motivé que son copain vient d’embarquer la jeune Alice Dainard dans le casting. Lors du tournage d’une scène dans une gare de campagne au milieu de la nuit, scène pour tourner laquelle les cinq copains et la demoiselle ont fait le mur au milieu de la nuit et ont emprunté la voiture du père d’Alice plutôt que de se déplacer avec leurs bicross, ils assistent et échappent au déraillement provoqué d’un train de l’armée que n’aurait pas renié Michael Bay, ce grand destructeur devant l’éternel la caméra. Au passage, Joe rafle un mystérieux cube. Immédiatement la situation se dégrade : alors que l’armée, sous le commandement du colonel Nelec, s’occupe du lieu de la catastrophe et du responsable de celle-ci, un professeur du collège de Lillian, faisant tout pour que la police locale, ne vienne pas fouiner, de mystérieuses disparitions de matériels (moteurs, fours à micro-ondes...) et surtout de personnes ont lieu. M. Lamb, adjoint du shériff, a donc beaucoup à faire et doit en plus surveiller son fils qui traîne trop à son goût avec Alice Dainard. Or celle-ci disparaît. Tandis que l’armée fait évacuer la ville sous le prétexte d’un incendie, les gamins s"introduisent dans le collège pour découvrir dans les affaires du prof le fin mot de toute cette histoire et secourir Alice.

J. J. Abrams a un talent : créatif, il ne sait pas terminer ses histoires (cf. Lost) ; habile à maintenir le suspens, il le fait accoucher d’une souris, même si celle-ci est parfois énorme puisque dans le cas de Super 8, il s’agit ni plus ni moins que d’un extra-terrestre échoué sur Terre et gardé prisonnier par l’armée. Pour arriver à cette révélation, Abrams a fait trainer les choses en longueur. Sans doute l’important pour lui était-il davantage dans les adolescents mis en scène et le relationnel entre les personnages : Joe, le jeune un peu renfermé et amoureux d’Alice ; celle-ci, la fille d’un ivrogne indirectement responsable de la mort de la mère de Joe ; Charles, le réalisateur en herbe, qui ne s’est pas encore affiné ; Jack Lamb, le désespéré par la mort de sa femme mais qui ne recule pas devant ses responsabilités...

A l’instar des films des années 80, les évènements incroyables servent de catalyseur à la résolution de crises familiales ou amoureuses, mais à la différence de ces mêmes films, les gamins ne participent en rien à la résolution de la crise et n’en sont que les témoins, ce qui est sans doute plus réaliste. Super 8 n’est donc pas E.T. ou Les Goonies et J. J. Abrams n’est donc pas Spielberg ou Dante (ce qu’il n’a jamais prétendu être). En dépit d’hommages répétés au cinéma d’horreur, d’effets de lumière à la Rencontres du 3e type et autres clins d’oeil, d’une réalisation dynamique mais lisible et d’un jeu d’acteur de qualité, il n’est pas évident que le spectateur de la génération d’Abrams retrouve sa jeunesse dans ce film. A moins d’avoir, comme le jeune Abrams, rêvé, super 8 au poing, de devenir un nouveau Romero.


[1Brosse à reluire... frotte, frotte, frotte

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