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X-Men : futur antérieur

samedi 24 mai 2014, par von Bek

Scénario : Chris CLAREMONT (1950-) & John BYRNE (1950-)

Dessin : John BYRNE (1950-)

Marvel, 1981, Days of Future Past

Bien avant de nourrir une adaptation cinématographique qu’il me reste à voir, le récit Futur antérieur, formé des épisodes des Etranges X-Men n°141 et 142 avait marqué mon imaginaire. D’une part parce qu’il appartient à une époque durant laquelle je n’avais qu’un accès épisodique aux comics - paru en 1981, il n’est édité en France qu’en 1984 , mais il fait partie des épisodes auxquels j’avais eu accès ; d’autre part parce que j’avais été fasciné par son caractère particulièrement sombre, tous les X-Men y ayant trépassé ou y trépassant. C’était il y a longtemps. Wolverine était encore Serval pour le public français.

En 2013, l’Amérique du Nord est depuis des années sous la coupe des Sentinelles, ces robots géants programmés pour tuer les mutants. Le niveau de vie a considérablement régressé ; New York est un ghetto à l’intérieur duquel les rares mutants survivants, équipés d’un collier inhibant leurs pouvoirs, sont soumis à un régime carcéral. Devant les plans des Sentinelles pour étendre leur croisade anti-mutant à toute la planète, le reste du monde se prépare à atomiser les Etats-Unis. La poignée de X-Men survivant (Kitty Pride, Tornade, Colossus et Wolverine, qui lui a échappé à l’internement en camp) assistée de Franklin Richards et de Rachel, une puissante psy, prépare une ultime tentative pour renverser le cours des choses. Pendant que le groupe doit tenter de s’infiltrer dans le centre de commande ennemi installé dans le Baxter Building des Fantastiques, Rachel doit projeter l’esprit de Kitty dans son passé pour déjouer ce qui a tout déclenché : l’assassinat d’un sénateur candidat à la Maison Blanche par la Confrérie des Mauvais Mutants menée par Mystique en octobre 1980.

Le relisant aujourd’hui, je continue de trouver ce récit absolument génial. Essentiellement parce qu’il concilie deux de mes genres de prédilection : la dystopie uchronique (formulation ô combien contradictoire j’en ai conscience) et le voyage temporel. C’est bien évidemment le premier qui confère au récit tout son caractère tragique. Il faut avouer que Claremont et Byrne ont particulièrement soigné leur cadre qui, dans l’univers Marvel, deviendra la Terre 811.

Ainsi les deux auteurs ont pris soin d’expliquer le processus menant de l’assassinat du sénateur à la situation de 2013, notamment par le fait que la programmation des Sentinelles ayant privilégié la fin sur les moyens, celles-ci avaient calculé que le meilleur moyen serait de prendre le contrôle du pays. Un grand nombre de mutants - bons ou mauvais - et de super-héros meurent dans le processus. Certains, comme Wolverine, rejoignent la résistance canadienne, ce qui tend à prouver que les Sentinelles ne se sont pas limitées aux Etats-Unis. En 2013, le pays est en ruines. Dans le récit, Kitty emprunte le bus qui est tiré par des chevaux ; elle se fait agresser dans un ghetto.

Byrne et Claremont se sont par ailleurs inspirés du nazisme en imaginant un classement racial de la population conditionnant l’autorisation à procréer. La classe M des mutants est destinée à disparaître. A ce titre, le retour de Kitty dans le quartier surveillé attribué aux mutants et inspiré par le ghetto de Varsovie est une des images les plus frappantes du comics puisqu’on y voit les tombes de Diablo, Cyclope, des 4 Fantastiques, du Professeur Xavier et d’Angel.

Le récit évolue sur deux époques différentes. Tandis qu’en 2013, les X-Men affrontent les Sentinelles dans un combat où ils perdent la vie les uns après les autres - autre image choc, la mort de Wolverine qui fit la couverture du numéro 142 de X-Men -, les X-Men de 1980 affrontent la Confrérie et sauvent l’avenir.

Futur antérieur est donc une histoire très ambitieuse mais pourtant brève puisqu’elle ne couvre que deux numéros, à des années-lumières de plus grandes sagas comme celle du Phénix noir qui lui est... antérieure, ou des fameux cross-overs comme les Guerres secrètes ou Civil War. Je lui trouve une complexité élégante mais néanmoins riche. Son succès lui valu d’être reexploitée ultérieurement comme par exemple avec le personnage de Rachel qui finit par gagner le passé.

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