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PYRAMIDE

dimanche 28 novembre 2021, par Maestro

Grégory LEVASSEUR

Avec Ashley Hinshaw, Denis O’Hare, James Buckley, Amir K, Christa Nicola.

Le sujet peut paraître éculé, mais force est de reconnaître qu’il suscite toujours un intérêt certain, en raison du puissant charisme de la civilisation égyptienne. Ici, une pyramide inconnue à trois faces est découverte en plein désert par une équipe archéologique dirigée par un père et sa fille ; là où le premier privilégie les méthodes de fouille traditionnelles, la seconde est férue de nouvelles technologies. Son amant, lui aussi, a obtenu de la NASA le prêt d’un rover du type de ceux envoyés sur Mars. Il faut ajouter à ce noyau dur un duo de journalistes, présentatrice et caméraman, venus tout exprès pour effectuer un reportage sur cette sensationnelle découverte.

Le syndrome Blair Witch a encore frappé, puisqu’une partie du film est filmée par le caméraman en question… une partie seulement, et c’est tant mieux, tant le procédé aurait sinon paru trop systématique. Placer l’intrigue en plein cœur d’une situation politique tendue, les suites du « printemps arabe », était en soi une excellente idée, mais ce contexte demeure superficiel. Il justifie toutefois l’évacuation précipitée de l’équipe, qui tient malgré tout à explorer au moins en partie l’intérieur du bâtiment. Le rover est donc envoyé en éclaireur, mais sa défaillance oblige les humains à partir à sa recherche – il représente une somme d’argent trop conséquente pour être abandonné. Débute alors une exploration aux mille dangers, qui vont décimer un à un les membres de l’équipe…

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans ce film ? Il y a d’abord les horreurs. Bien que l’essentiel du métrage soit filmé dans l’obscurité, ce qui favorise l’immersion dans l’angoisse, les créatures félines auxquelles on est d’abord confrontées ne sont pas beaucoup plus effrayantes qu’un chat en colère. Quant à la créature principale, une reproduction d’Anubis… comment dire ? Les images de synthèse sont bien trop apparentes, ce qui lui fait perdre pratiquement tout impact. Les rares bonnes idées – le piège de sable – apparaissent dès lors trop isolées pour suffire à inverser la tendance. Autre point faible, des personnages qui suscitent peu d’empathie. Peut-être quelques flash-backs auraient-ils permis de leur offrir davantage de densité. Enfin, il y a les incohérences scénaristiques. Anubis est ainsi censé dévorer le cœur du mort trop lourd sur la balance du jugement, rôle normalement dévolu à Ammout, le monstre chimérique. Surtout, ce statut maléfique qui lui est dévolu, et qui correspond plutôt à celui de Seth, rend incompréhensible le statut d’Anubis dans le panthéon égyptien, totalement contradictoire avec le fait de l’emprisonner au cœur d’une pyramide.

En outre, les scénaristes ont eu la mauvaise idée de mêler à leurs évocations de l’Egypte antique un franc-maçon pilleur de sarcophages et la mythologie aztèque avec ses sacrifices humains… sans oublier une contagion corporelle dont on se demande comment l’héroïne principale peut être la seule à y échapper ! Le résultat est aussi indigeste que ridicule. Avec davantage de sérieux dans le traitement et des horreurs plus subtiles et indicibles, Pyramide aurait au moins pu devenir un film d’horreur convenable... peut-être ?

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