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1635 : The Cannon Law

dimanche 15 mars 2020, par von Bek

Andrew DENNIS & Eric FLINT (1947-)

Etats-Unis, 2006

Baen, 432 p.

Deuxième étape dans la trame italienne du Ring of Fire, 1635 : The Cannon Law est la suite directe de The Galileo Affair et, suis-je tenté de dire, souffre des mêmes défauts, que je vais finir par attribuer à Andrew Dennis, tant ils se répètent de livre en livre (et se perpétuent dans le temps si j’en juge d’après 1635 : A Parcel of Rogues). Il est cependant difficile de dire lequel des deux auteurs a écrit quoi, mais la qualité générale de 1632 et 1633 me font pencher davantage vers la responsabilité de Dennis, Flint ayant le tort d’avoir laissé faire à mes yeux, sans peut-être avoir conscience des manques généraux.

Frank Stone et sa jeune épouse déménagent à Rome pour y ouvrir une antenne des Comités de correspondance, ces organisations qui se sont données pour but de diffuser liberté et égalité dans l’Europe du XVIIe siècle. Dans le même temps, Sharon Nichols devient ambassadrice des Etats-Unis d’Europe auprès du Saint-Siège et s’installe dans la cité pontificale avec son futur époux Ruy Sanchez de Casador y Ortiz. Autant d’événements qui n’ont pas l’heur de plaire au cardinal Gaspar de Borja y Velasco. Celui-ci s’assure alors les services de Francisco Quevedo fomente alors une conspiration pour déstabiliser l’ordre public dans Rome afin de pouvoir faire appel pour le rétablir aux tercios cantonnés à Naples, possession espagnole au bord de la révolte populaire, son but étant ni plus ni moins que de renverser le pape Urbain VIII, au besoin en éliminant physiquement la famille Barberini dont le pape est issu et tous les cardinaux qui en sont les partisans. Les Américains et Sanchez vont perturber ce plan machiavélique sans toutefois l’empêcher complètement.

A priori, The Cannon Law avait tout pour me plaire, y compris un titre jouant sur les mots,à savoir une trame résolument politique montrant les confrontations entre les tendances de l’Eglise entre réformisme et conservatisme, incarnées respectivement par les camps Barberini et Borja, mais aussi les tensions sociales dans la Rome de l’époque. Seulement, le récit peine à mettre en valeur les complots et du coup manque complètement de rebondissements, toute l’action se trouvant concentrée dans les soixante dernières pages, notamment avec le siège du château Saint-Ange par les Espagnols et l’évasion papale.

Si l’atmosphère reste bien sentie et si des personnages comme Quevedo et Sanchez constituent un hommage très réussi au genre du roman picaresque tout en n’étant pas dénué de fondements historiques pour le premier des deux qui a réellement existé, certains événements ne brillent pas par leur logique, comme la capacité du cardinal Borja à obtenir du vice-roi de Naples [1] en exercice l’utilisation d’un tercio pourtant nécessaire au maintien de l’ordre napolitain, ou surtout l’irruption de Quevedo au pied des remparts du château pour un duel final réaliste, mais bâclé. Bref, une impression d’ensemble que j’avais déjà éprouvée à la lecture de The Galileo Affair.

Certes, cela ne m’empêche pas de continuer la lecture de la série en générale, avec 1635 : The Dreeson Incident notamment, ni même plus tard de cette trame italienne avec 1635 : The Papal Stakes, mais cela reste une déception.


[1En l’occurrence, l’identité de ce vice-roi n’est pas claire et il semble être le duc d’Osuna, mais aucun de ces ducs n’étaient vice-roi de Naples dans les années 1630, le poste étant historiquement occupé par Fernando Afán de Ribera y Téllez-Girón.

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