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MAN OF STEEL

Le dernier des Kryptoniens

samedi 29 juin 2013, par von Bek

Zack SNYDER (1966-)

Etats-Unis, 2013

Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon, Russell Crowe, Kevin Costner, Diane Lane, Laurence Fishburne, Antje Traue

Le demi-succès de Superman Returns explique sans doute le désir de repartir sur de bases saines. D’autant qu’alors que la maison concurrente Marvel enchaîne les succès et connaît de rares échecs, les adaptations DC connaissent de rares succès (les Batman de Nolan) et enchaînent les échecs.Plutôt qu’un reboot, Man of Steel est un remake et là, il faut faire aussi bien et même mieux que le film de Richard Donner, ce qui, compte tenu des progrès technologiques, ne devrait pas être trop dur, sauf que je trouve qu’à posteriori, le point fort du Superman de 1978 réside plutôt dans son scénario...

Or, en ce qui concerne le film de Snyder, son choix se porte sur ce qui faisait la base de Superman II, loin d’être mon préféré, ne pouvant pas réutiliser l’intrigue de Superman, puisque Superman returns avait déjà brodé sur la même trame du plan foncier luthorien. Sur Krypton au bord de l’apocalypse, le général Zod tente un coup d’Etat pour sauver son peuple au prix de la dictature militaire, mais il échoue et est condamné à l’exil. Avant il aura tué le savant Jor-El qui a volé le codex, base de données des codes génétiques des Kryptoniens, et l’a confié à son fils nouveau né. La suite est connue : le fils est expédié sur Terre et recueilli par un couple d’agriculteurs du Kansas, sauf que Zack Snyder et son équipe ont sagement choisi de ne pas consacrer un pan en un seul morceau des racines agraires de l’homme d’acier, mais au contraire de procéder par touches de flash back. Un bon point pour lui.

On assiste donc à l’errance d’un jeune homme en quête de réponses à des questions personnelles : il sauve une équipe sur une plate-forme pétrolière, les fesses d’une jeune femme dans un bar... Il finit par se faire engager auprès d’une équipe militaro-scientifique qui a découvert un étrange engin emprisonné depuis des millénaires dans les glaces du Grand Nord canadien. Et là, première divergence majeure dans la légende, sa route croise celle de la reporter Loïs Lane qui a tôt fait de remonter sa trace jusqu’à la maison Kent.

Loïs Lane choisit pourtant de ne pas dévoiler tout ce qu’elle sait, mais certains savent qu’elle sait. Quand Zod et ses sbires débarquent près de la Terre et réclame que lui soit livré Ka-El dont la plupart des Terriens ignorent jusqu’à son existence, elle se retrouve mêlée à l’aventure. Ka-El décide de se livrer pour sauver la Terre, mais, pour une raison totalement inexpliquée, Zod exige aussi que Loïs Lane lui soit livrée. Ayant compris les projets du général de créer une nouvelle Krypton sur les ruines de l’humanité, Ka-El fait rapidement son choix. La bagarre est rude.

J’ai trouvé que question effets spéciaux et décors, il n’y avait rien à redire. Le contraire m’eut étonné. La qualité est impeccable et de réels efforts esthétiques ont été accomplis notamment au regard de la civilisation kryptonienne où des courbes assez art nouveau qui rappellent l’esthétiques de films comme Prométheus et les Aliens remplacent les cristaux du film de Donner. Malheureusement j’ai aussi trouvé qu’il y avait trop de scènes de bagarre et surtout que ces scènes consistaient à la destruction massive entrainant des longueurs. Passe pour le sort fait à Smallville, mais quand Zod déploie son duo d’espèces de tripodes, version guerre des mondes survitaminée, destiné à bouleverser la géophysique terrienne, puis lors du duel final, j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs et que le scénario manquait d’originalité. J’en ai sans doute assez de voir des gratte-ciel se faire exploser, que voulez-vous, on en a tant vus depuis Independence Day. Il faudrait que le cinéma arrive à surmonter le traumatisme du 11 septembre. La bagarre opposant Superman aux kryptoniens est visuellement spectaculaire, mais cela reste une bagarre où les adversaires se filent des pains, alors que dans un film comme Avengers, où là aussi les immeubles en prennent pour leur grade, ce n’est pas une bagarre, c’est une bataille. Nuance.

Et puis le coup du flux modifiant la gravité terrestre... bof. D’ailleurs le scientifique du film a tout de suite compris ce qui se passait. En revanche, moi, je n’ai pas compris pourquoi tous les kyptoniens - il doit bien en avoir une dizaine avec Zod - ne s’unissaient pas pour flanquer une dérouillée à Superman.

Une semaine après Star Trek Into Darkness, je me retrouve confronté au même problème : les scénaristes n’ont pas été capables de pondre un scénario original et se sont crus obligés de réutiliser des bases déjà usées avant, sans doute pour bien inscrire le film dans son univers. On ne sait jamais, un gars barraqué en tenue moulante bleue avec une cape rouge, le spectateur aurait pu se croire dans un remake de M. Smith au Sénat !

Là encore je n’ai pas passé un mauvais moment, bien loin de là et certaines idées apportent des innovations subtiles au film de Richard Donner à défaut d’un scénario qui lui est moins subtile. Ainsi les acteurs sont-ils parfaits dans leur rôle : le physique de Henry Cavill, peut-être numériquement retouché remplace avantageusement le pas assez musculeux Christopher Reeves. Amy Adams est beaucoup mieux que l’insupportable Margot Kidder. Russell Crowe et Kevin Costner réussissent à se substituer à Marlon Brando et Glenn Ford. La barre était haute. Laurence Fishburne dans le rôle de Perry White, c’est un joli trait d’humour et il serait très bien, n’eut été son vulgaire diamant à l’oreille.

Il n’y a pas que ça. La personnalité de Clark Kent est bien mieux envisagée qu’en 1978. Man of Steel ose postuler que sa condition a pu susciter bien plus de traumatismes psychologiques et de problèmes quotidiens que ceux posés par le nettoyage des vestiaires après un match de football ! Voilà qui renforce la dimension humaine du personnage. La mort de Zod illustre superbement tous les doutes qui peuvent hanter l’esprit de Superman.

Ils ont aussi modernisé certaines idées, comme la cause de la destruction de Krypton et délivrent ainsi un message écologique très contemporain sans toutefois insister lourdement. La manière dont est perçu Superman par les Terriens est bien plus réaliste que celle de 1978 : un tel personnage serait craint autant qu’adulé. Un bémol quand même : personne ne lui reproche d’apporter la destruction. Il aurait fuit à l’autre bout de l’univers que rien ne serait arrivé. Exit aussi la kryptonite, et sans besoin de l’oublier complètement, un simple raisonnement logique s’y substitue sans problème.

Malheureusement, ces petites trouvailles ingénieuses ne suffisent pas à sauver Man of Steel de son manque d’originalité. On passe un moment sympa, mais j’ai été très loin du choc éprouvé devant un film comme The Dark Knight ou même des Watchmen du même réalisateur.

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